‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 299 sur 315 · ADIEU CHANSONS · texte numérisé non relu

ADIEU CHANSONS

Air du Tailleur et lu Fdr.

Pour rajeunir les fleurs (le mon trophée, Naguère encor, tendre, docte ou railleur, J’allais chanter, quand m’apparut la fée Qui me berça chez le bon vieux tailleur.

« L’hiver, (fit-elle, a souillé sur ta tète :

« Cherche un abri pour tes soirs lqngs et froids. « Vingt ans de lutte ont épuisé ta voix,

« Qui n’a chanté qu’au bruit de la tempête, n Adieu, chansons ! mon front chauve est ridé. L’oiseau se tait : l’aquilon. a grondé.

« Ces jours sont loin, poursuit-elle, où ton ârao u Comme un clavier modulait tous les airs;

« Où ta gaîté, vive et rapide flamme, v Au ciel obscur prodiguait ses éclairs, u Plus rétréci, l’horizon devient sombre;

« Des gais amis le long rire a cessé;

« Combien là-bas déjà t’ont devancé!

« Lisette même, hélas! n’est plus qu’uueombrc.n Adieu, chansons! mon front chauve est ridé. L’oiseau se tait ; l’aquilon a grondé.

u Bénis ton sort, : par toi la poésie -ni A d’un grand peuple ému les derniers rangs; « Le chant qui vole à l’oreille saisie « Souffla tes vers même aux plus ignorants, u Vos orateurs parlent à qui sait lire; t: Toi, conspirant tout haut contre les rois,

« Tu marias, pour ameuter les voix, r Des airs de vielle aux accents de la lyre. 3

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