CHANSONS DE BÉRANGER
Adieu, clianspns ! mon front chauve est ridé. L’oiseau, se tait ; l'aquilon a grondé.
« Tes traits aigus, lancés au trône même,
« En retombant aussitôt ramassés,
« l)e près, de loin, par le peuple qui t’aime,
« Volaient en chœur jusqu' au but relancés.
« Puis, quand ce trône ose brandir son foudre, « De vieux fusils l’abattent en trois jours.
<• Pour tous les coups tirés dans son velours.
« Combien ta Muse a fabriqué de poudre ! » Adieu, chansons ! mon front chauve est ridé. L’oiseau se tait ; l’ aquilon a grondé.
fi, Ta part est belle à ces grandes journées,
» Où du butin tu détournas les yeux ;
,u,,Leur souvenir, couronnant tes années, suffira, si tu sais être vieux ; ii'Aux.jeunes gens racontes-eu l'histoire, u. Guide leur nef, instruis-les de l’écueil ;
•vËt de ,1a France un jour font-ils l’orgueil* ^,\Ta récliauffer ta vieillesse à leur gloire. » Adieu, chansons 1 mon fronty chauve est ridé. L’oiseau se tait ; l’aquilon a grondé.
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Ma bonne fée, au seuil du pauvre barde,
Oui,, vous sonnez la retraite à propos.
Pour compagnon bientôt, dans ma mansarde, Paurai l’oubli, i père et fils du repos.
Mais, à ma mort, témoins de notre lutte, ,L De vieux Français se diront, l’œil mouillé :
Au ciel, un SOU’, cette étoile a brillé ;
Dieu l’éteignit longtemps avant sa chute. Adieu, chansons! mon front chauve est ridé. L’oiseau se tait; l’aquilon a grondé.