‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 306 sur 315 · MUSICAL · texte numérisé non relu

MUSICAL

Apres la demicre séance de l'Orphéon dp I8H

Mon vieil ami, ta gloire est grande :

Grâce à tes merveilleux efforts,

Des travailleurs la voix s’amende Et se plie aux savants accords.

D’une fée as-tu la baguette,

Pour rendre ainsi l’art familier?

Il purifîra la guinguette;

Il sanctifira l’atelier.

Wilhem, toi de qui la jeunesse Rêva Grétry, Gluck et Mozart,

Courage, à la foule en détresse Ouvre tous les trésors de l’art.

Communiquer à des sens vides Les plus nobles émotions, .

C’est faire en des grabats humides Du soleil entrer les rayons.

La musique, source féconde,

Epandant ses flots jusqu’en bas,

Nous verrons ivres de son onde Artisans* laboureurs, soldats.

Ce concert, puisses-tu l’étendre A tout un monde divisé !

Les cœurs sont bien près de s’entendre Quand les voix ont fraternisé.

Notre littérature est folle :

Fais-la rougir par tes travaux.

De meurtres elle tient éeolef Et pousse â des "Werthcrs nouveaux.

On l'entend, d’excès assouvie,

Eu vers, en prose, s'essouffler

A décourager de la vie

(leux qu’elle en devrait consoler.

Des classes qu’à peine on éclaire Relevant les mœurs et les goûts,

J’ar toi, devenu populaire,

L’art va leur faire un ciel plus doux.

Les notes, sylphides puissantes.

Rendront môius lourds soc et marteau.

Et feront des mains menaçantes Tomber l’homicide couteau.

Quand tu pouvais sur notre soène Tenter un plus brillant laurier,

Tu choisis d’alléger la chaîne Du pauvre enfant de l’ouvrier.

A tes leçons, large semence, <

La foule* accourt, et tu les vois,

Captivant jusqu'à la démence Vers le ciel diriger sa voix,

D’une œuvre et si longue et si rude Auras-tu le prix mérité?

Va, ne crains pas l’ingratitude,

Et ris-toi de la pauvreté.

* Les docteurs Trèlat et Lcuret ont lad l’pn.ploi le pins heurjux, a la Salpétrière et a Bicétrc de ta méthode de Wtlhein. Les pauvres aliènes des deux sexes en ont retire mw ilistraftien puisante et, ont pu chanter à l'épine «tes morceaux de musique qui o tiraient d’assez grandi r dillicultéa d’exécultun.

Sur ta tombe, tu peux m’en croire,

Ceux dont tu charmes les douleurs

Offriront un jour à ta gloire

Des chants, des larmes et des fleurs %

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