LE COMMENCEMENT DU VOYAGE
CHANSON
CHANTÉE SIR LE BERCEAU D’UN ENTANT NOUVF.AU-SÉ. Ain du Vaudeville des Chevilles de Maître Adam.
Voyez, amis, cette barque légère Qui de la vie essaye encor les flots :
Elle contient gentille passagère;
Ah ! soyons-en les premiers matelots.
Déjà les eaux l’enlèvent au rivage Que doucement elle fuit pour toujours.
Nous qui voyous commencer le voyage,
Par nos chansons égayons-en le cours.
Déjà le Sort a soufflé dans les voiles;
Déjà l’Espoir prépare les agrès,
Et nous promet, à l’éclat des étoiles,
Une mer calme et des vents doux et frais. Fuyez, fuyez, oiseaux d’un noir présage : Cette nacelle appartient aux Amours.
Nous qui voyons commencer le voyage,
Par nos chansons égayons-en le cours.
Au mât propice attachant leurs guirlandes. Oui, les Amours prennent part au travail; Aux chastes Sœurs on a fait des offrandes, Et l’Amitié se place au gouvernail.
Bacchus lui-même anime l’équipage.
Qui des Plaisirs invoque le secours.
Nous qui voyons commencer le voyage,
Par nos chansons égayons-en le cours.
Qui vient encor saluer la nacelle ?
C’est le Malheur bénissant la Vertu,
Et demandant ente du bien fait par elle Sur cet enfant le prix soit Répandu.
A tant de vœux dont retentit la plage, Surs que jamais les dieux ne seront sourds. Nous qui voyons commencer le voyage,
Par nos chansons égayons-en le cours.