‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 34 sur 315 · LE COMMENCEMENT DU VOYAGE · texte numérisé non relu

LE COMMENCEMENT DU VOYAGE

CHANSON

CHANTÉE SIR LE BERCEAU D’UN ENTANT NOUVF.AU-SÉ. Ain du Vaudeville des Chevilles de Maître Adam.

Voyez, amis, cette barque légère Qui de la vie essaye encor les flots :

Elle contient gentille passagère;

Ah ! soyons-en les premiers matelots.

Déjà les eaux l’enlèvent au rivage Que doucement elle fuit pour toujours.

Nous qui voyous commencer le voyage,

Par nos chansons égayons-en le cours.

Déjà le Sort a soufflé dans les voiles;

Déjà l’Espoir prépare les agrès,

Et nous promet, à l’éclat des étoiles,

Une mer calme et des vents doux et frais. Fuyez, fuyez, oiseaux d’un noir présage : Cette nacelle appartient aux Amours.

Nous qui voyons commencer le voyage,

Par nos chansons égayons-en le cours.

Au mât propice attachant leurs guirlandes. Oui, les Amours prennent part au travail; Aux chastes Sœurs on a fait des offrandes, Et l’Amitié se place au gouvernail.

Bacchus lui-même anime l’équipage.

Qui des Plaisirs invoque le secours.

Nous qui voyons commencer le voyage,

Par nos chansons égayons-en le cours.

Qui vient encor saluer la nacelle ?

C’est le Malheur bénissant la Vertu,

Et demandant ente du bien fait par elle Sur cet enfant le prix soit Répandu.

A tant de vœux dont retentit la plage, Surs que jamais les dieux ne seront sourds. Nous qui voyons commencer le voyage,

Par nos chansons égayons-en le cours.

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