‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 60 sur 315 · IA VIEILLESSE · texte numérisé non relu

IA VIEILLESSE

i MES AMIS.

Am lit* la Tipc de t*l»ac.

Nous verrons le temps qui nous presse Semer les rides sur nos fronts;

Quoi qu’il nous reste de jeunesse,

Oui, mes amis, nous vieillirons.

Mais à chaque pas voir renaitre Plus de fteurs qu’on n’eu peut cueillir Faire un doux emploi de son être,

Mes apiis, ce n’est pas vieillir.

En vain nous égayons la vie Par le champagne et les chansons,

A table, où le cœur nous convie,

On nous dit que nous vieillissons.

Mais, jusqu’à sa dernière aurore.

En buvant frais s’épanouir;

Même en tremblant chanter encore, Mes amis, ce n’est pas vieillir.

Brùlons-nous pour une couuette Un encens d’anord accueilli;

Bientôt peut-être elle répète Que nous n’avons que trop vieilli.

Mais vivre en tout d’économie,

Moins prodiguer et mieux jouir;

D’une amante faire une amie,

Mes amis, ce n’est pas vieillir.

Si longtemps que l’on entretienne Le cours heureux des passions,

Puisqu’il faut qu’enfln l’âge vienne, Qu’ensemble au moins nous vieillissions 1 Chasser du coin qui nous rassemble Les maux prêts à nous assaillir;

Arriver au but tous ensemble,

Mes amis, ce n’est pas vieillir.

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