‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 64 sur 315 · ÉLOGE DE LA RICHESSE · texte numérisé non relu

ÉLOGE DE LA RICHESSE

Air du Vaudeville d'Àrletjuin Cruello,

La richesse, que des frondeurs Dédaignent, et pour cause,

Quand elle vient sans les grandeurs, Est bonne à quelque chose.

Loin de les rendre à ton Crésus,

Va boire avec ses cent écus,

Savetier mon compère.

Pour moi, qu’il m’arrive un trésor, Que dans mes mains pleuve de l’or, De l’or, . i

De l’or,

Et j’en fais mon affaire !

Je souris à la pauvreté,

Et j’ignore l'envie •:

Pourquoi perdrais-je ma gaîté Dans une douce vie?

Maison, jardin, livres, tableaux, ^ ,

Large voiture et bons chevaux, Pourraient-ils me déplaire?

Quand mes vœux prendraient plus d’essor, Que dans mes mains pleuve de l’or,

De l’or,

De l’or,

Et j’en fais mon affaire!

Bonjour, Mondor, riche voisin,

Ta maîtresse est jolie ;

Son œil est noir, son esprit fin.

Et sa taille accomplie.

J’atteste sa fidélité.

Mais que peut contre sa fierté L’amour d’un pauvre hère ? i

Pour te l’enlever, cher Mondor,

Que dans mes mains pleuve de l’or, i De l’or,

De l’or,

Et j’en fais mon affaire !

Le vin s’aigrit dans mon gosier Chez un traiteur maussade ;

Mais, à sa table, un financier Me verse-t-il rasade :

Combien, dis-je, ces bons vins blancs?

On me répond : Douze cents francs.

Par ma foi, ce n’est guère.

En Champagne on en trouve encor :

Que dans mes mains pleuve de l'or,

De l’or,

De l’or, .

Et j’en fais mon affaire !

A partager, dès aujourd’hui,

Amis, je vous invite.

Nqus saurions tous, en cas d’ennui, Me ruiner bien vite.

Manger rentes et capitaux, Equipages, terres, châteaux,

Serait gai, je l’espère.

Ah ! pour voir la fin d’un trésor, Que dans mes mains pleuve de l’or, De l’or,

De l’or,

Et j’en fais mon affaire !

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