‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 63 sur 315 · LES PETITS COUPS · texte numérisé non relu

LES PETITS COUPS

Ai* : Tout ça paaii* en môme temps.

Maîtres de tous nos désirs, Réglons-les sans les contraindre :

Plus l’excès nuit aux plaisirs,

Amis, plus nous devons le craindre.

Autour d’une petite table,

Dans ce petit coin fait pour nous,

Du vin vieux d’un hôte aimable Il faut boire (ter) à petits coups.

Pour éviter bien des maux,

Veut-on suivre ma recette ;

Que l’on nage entre deux eaux,

Et qu’entre deux vins l’on se mette.

Le bonheur tient au savoir-vivre :

De l’abus naissent les dégoûts ;

Trop à la fois nous enivre ;

Il faut boire (ter) à petits coups.

Loin d’en murmurer en vain, Egayons notre indigence :

Il suffit d’un doigt de vin Pour réconforter l’espérance.

Et vous, que flatte un sort prospère, Pour en jouir modérez-vous ;

Car, même dans un grand verre,

Il faut boire (ter) à petits coups.

Philis, quel est ton effroi?

La leçon te déplaît-elle?

Les petits coups, selon toi,

Sentent le buveur qui chancelle.

Quel que soit le désir qui perce Dans tes yeux, vils comme tes goûts,

Du philtre qu Amour te verse Il faut boire (ter) à petits coups.

Oui, de repas en repas,

Pour atteindre à la vieillesse,

Ne nous incommodons pas,

Et soyons fous avec sagesse.

Amis, le bon vin que le nôtre !

Et la santé, quel bien dout tous !

Pour ménager f un et l’autre.

Il faut boire (ter) à petits coups.

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