‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 68 sur 315 · A MON MÉDECIN LE J OCR DE SA FÊTE · texte numérisé non relu

A MON MÉDECIN LE J OCR DE SA FÊTE

Am : Atnfti jadis un grand prvphrtc.

Saluons de maintes rasades Ce docteur à qui je dois tant.

Mais, pour visiter ses malades,

Je crains qu’il n’échappe à l'instant.

A ces soins son art le condamne.

S’il vient un message ennemi.

Fiévreux, buvez votre tisane, Laissez-nous fêter notre ami.

Oui, que ses malades attendent;

Il est au sein de l'amitié.

Mais vingt jeunes fous le demandent D’un air qui pourtant fait pitié. .

De Vénus amants trop crédules,

Sur leur état qu’ils ont gémi !

Eh ! messieurs, prenez des pilules ; Laissez-nous fêter notre ami.

Quoi ! ne peut-on venir au monde Sans l’enlever à ses enfants ?

Certaine personne un peu ronde Réclame ses secours savants.

J’entends ce tendron qui l’appelle :

Les parents même en ont frémi.

N’accouchez pas, mademoiselle; Laissez-nous fêter notre ami.

Qu’il coule gaiment son automne,

Que son hiver soit encor loin!

Puisse-t-il des soins qu’il nous donne N’éprouver jamais le besoin!

Puisque enfin dans nos embrassades Il n’est point heureux à demi,

Mourez sans lui, mourez, malades; Laissez-nous fêter notre ami.

À ANTOINE AHNAULT

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