‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 7 sur 315 · LA GAUDRIOLE · texte numérisé non relu

LA GAUDRIOLE

Am . La bonne aventure.

Momus a pris pour adjoints Des rimeurs d’école :

Des chansons en quatre points Le froid nous désole.

Mirliton s’en est allé.

Ah ! la muse de Collé,

C’est la gaudriole,

O gue,

C'est la gaudriole.

Moi, des sujets polissons Le ton nraffriole.

Minerve dans mes chansons Fait la cabriole.

De ma grand'mère, après tout, Tartufes, je tiens le goût De la gaudriole,

O gué,

De la gaudriole.

Elle amusait, à dix ans,

Son maître d’école;

Des Cordeliers, gros plaisants, Elle fut l’idole;

Au prêtre qui l’exhortait,

En mourant, elle contait Une gaudriole,

O gué,

Une gaudriole.

C’était la Régence alors,

Et, sans hyperbole,

Grâce aux plus drôles de corps, La France était folle.

Tous les hommes plaisantaient, Et les femmes se prêtaient A la gaudriole,

O gué.

*A la gaudriole.

On ne rit guère aujourd’hui.

Est-on moins frivole?

Trop de gloire nous a nui;

Le plaisir s’envole.

Mais au Français attristé Qui peut rendre la gaité?

C’est la gaudriole,

• O guc,

C’est la gaudriole.

Prudes, qui ne criez plus Lorsqu'on vous viole,

Pourquoi prendre un air confus À chaque parole?

Passez les mots aux rieurs :

Les plus gros sont les meilleurs Pour la gaudriole,

O gué,

Pour la gaudriole.

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