‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 81 sur 315 · QUI VENAIT D’ÊTRE NOMMÉ DIRECTEUR DU VAUDEVILLE · texte numérisé non relu

QUI VENAIT D’ÊTRE NOMMÉ DIRECTEUR DU VAUDEVILLE

Décembre 1845.

Am ; La Catacoua. . "

Bon Désaugiers, mon camarade,

Mets dans tes poches deux flacons,

Puis rassemble, en versant rasade, !

Nos auteurs piquants et féconds.

Ramène-les dans l’humble asile Où renaît le joyeux refrain.

Eh! va ton train,

Gai boute-eu-train !

Mets-nous en train, bien en train, tous en train, Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

Rends-lui, s’il se peut, le cortège Qu’à la Foire il a fait briller :

L’ombre de Panard te protège,

Vadé semble te conseiller;

Fais-nous apparaître à la file Jusqu’aux enfants de Tabarin.

Eh ! va ton train,

Gai boute-en-train!

Mets-nous en train, bien en train, tous en train, Et rends enfiu au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

Au lieu de fades épigrammes,

Qu’il aiguise un couplet gaillard :

Collé, quoi qu’en disent nos dames,

Est un fort honnête égrillard.

La gaudriole, qu’on exile,

Doit refleurir sur son terrain.

Eh! va ton train,

Gai boute-en-train!

Mets-nous en train, bien en train, tous en train, Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin !

Malgré messieurs de la police,

Le vaudeville est né frondeur :

Des abus fais ton bénéfice,

Force les grands à la pudeur ;

Digiti;

Dénonce tout flatteur servile A la gaîté du souverain.

Eh ! va ton train,

Gai boute-en-train 1

Mets-nous en train, bien en train, tous en train. Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

Sur la scène, où plus à son aise .

Avec toi Momus va siéger,

Relève la gaîté française A la barbé de l’étranger.

La chanson est une arme utile Qu’on oppose à plus d’un chagrin.

Eh ! va ton train,

Gai boute-en train!

Mets-nous en train, bien en tram, tous en train, Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

Verse, ami, verse donc à boire ;

Que nos chants reprennent leur cours.

Tl nous faut consoler la gloire.

Il faut rassurer les amours..

Nous cultivons un champ fertile Qui n’attend qu’un ciel plus serein.

Eh ! va ton train,

Gai boute-en-train ! .

Mets-nous en train, bien en train, tous en train Et rends enfin au Vaudeville Ses grelots et son tambourin.

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