‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 82 sur 315 · MA VOCATION · texte numérisé non relu

MA VOCATION

Aih . Attendez- moi tous l'orme.

Jeté sur cette boule, , Laid, chétif et souffrant; Etouffé dans la foule,

Faute d’être assez grand;

Une plainte touchante I)e ma bouche sortit;

Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit! (bis.)

Le char de l’opulence M’éclabousse en passant; J’éprouve l’insolence Du riche et du puissant;

De leur morgue tranchante Rien ne nous garantit.

Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit!

D’une vie incertaine Ayant eu de l’effroi, â Je rampe sous la chaîne Du plus modigue emploi.

La liberté m’enchante,

Mais j’ai £rand appétit.

Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit!

L’Amour, dans ma détresse, .

Daigna me consoler;

Mais avec la jeunesse Je le vois s’envoler. •

Près de beauté touchante Mon cœur en vain pâtit.

Le bon Dieu me dit : Chanté, Chante, pauvre petit!

Chanter, ou je m’abuse,

Est ma tâche ici-bas :

Tous ceux qu’ainsi j’amuse Ne m’aimeront-ils pas?

Quand un cercle m’enchante, Quand le vin divertit,

Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit! (bis.)

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