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Dit à l’actrice : On peut, ma belle, Entrer chez nous sans confesseur.
Elle s’écrie : Ah ! quoique bonne.
Mon corps à peine est inhumé!
Mais qu’a mon curé Dieu pardonne :
Hélas f il n’a jamais aimé.
Dieu lui-même Ordonne qu’on aime.
Je tous le dis, en vérité :
Sauvez-vous par la charité.
Dans le palais et sous le chaume,
Moi, dit la sœur, fai de mes mains Distillé le miel et le baume Sur les souffrances des humains.
Moi, qui subjuguais la puissance,
Dit l’actrice, j’ai bien des fois Fait savourer à l’indigence La coupe où s’enivraient les rois.
Dieu lui-même Ordonne qu'on aime.
Je vous le dis, en vérité :
Sauvez-vous par la charité.
Oui, reprend la sainte colombe, Mieux qu’un ministre des autels,
A descendre en paix dans la tombe.
Ma voix préparait les mortels.
Offrant à ceux qui m’ont suivie,
Dit la nymphe, une douce erreur, Moi, je taisais chérir la vie :
Le plaisir fait croire au bonheur.
Dieu lui-même Ordonne qu’on aime*
Je vous le dis, en vérité :
Sauvez-vous par la charité.
Aux bons cœurs, ajoute la nonne, Quand mes prières s'adressaient,
Du riche je portais l’aumône Aux pauvres qui me bénissaient.
Moi, dit l’autie, par la détresse Voyant l’honnête homme abattu,
Avec le prix d'une caresse,
Cent fois j’ai sauvé la vertu.
Dieu lui-même Ordonne qu’on aime.
Je vous le dis, eu vérité :
Sauvez-vous par la charité.
Entrez, entrez, ô tendres femmes!
Répond le portier des élus :
La charité remplit vos âmes;
Mon Dieu n’exige rien de plus, (bis.) On est admis dans son empire,
Pourvu qu’on ait séché des pleurs, Sous la couronne du martyre Ou sous des couronnes de fleurs.
Dieu lui-même Ordonne qu’on aime.
Je vous le dis, en vérité :
Sauvez-vous par la charité. (bis )