COMPLAINTE
d'une de ces DEMOISELLES '
A l'occasion des affaires du temps.
SoTtmbre 4846.
Ain ; Faut d'la vertu, pat trop nVn faut.
Faut gu’ lord Villain-ton ait tout pris, ) Gn’a plus d’argent dans c’ gueux d’ Paris, i u
Du métier d’ fille j’ me dégoûte :
C’ commerce n’ rapporte plus rien.
Mais, si 1’ public nous fait banqueroute,
C’est qu’ les affaires n’ vont pas bien.
Faut qu’ lord Yillain-ton ait tout pris,
Gn’a plus d’argent dans c’ gueux a’ Paris.
Au bonheur on fait semblant d’ croire ;
Mais i’en jug’ mieux qu’ tous les flatteurs.
Si d’ la cour je u’ savais l’histoire,
J’ croirais quasi qu’on a des mœurs.
Faut qu’ lord Yiîlain-ton ait tout mis,
Gn’a plus d’argent dans c’ gueux a’ Paris.
Nous servions d’ maitress’ et d.’ modèles A nos peintres gorgés d’écus.
J’ crois qu’à leurs femm’s y sont fidèles D’puis qu’ les modèles n’ servent plus.
Faut qu’ lord Villain-ton ait tout pris,
Gn’a plus d’argent dans c’ gueux a’ Paris.
Quand gu’a pas 1* moindr’ profit-z à faire Sur tant d’ réformés mécontents,
Les juges p’t-êtr’ fraient not’ affaire ;
Mais T roi n’ leux eu laisse pas V temps.
Faut qu’ lord Villain-ton ait tout pris, Gn’a plus d’argent dans c’ gueux d’ Paris.
Enfin je n’ trouvons plus not’ compte Avec nos braves qu’ l’on vexa.
Vn leux misère, y aurait d’ la lionte A leux d’mander queuqu’ chos’ pour ça.
Faut qu’ lord Villain-ton ait tout pris, Gn’a plus d’argent dans c’ gueux d’ Paris.
lleureus’ment qu’ monsieur Laborie A nous servir s’est-z engagé :
Comme un diable y s’ démène, y crie Pour qu’on rend’ les biens du clergé.
Faut qu’ lord Villain-ton ait tout pris, j Gn'a plus d’argent dans c’ gueux d Pans.}