‹ Chansons de P.-J. de Béranger 1815-1834Chapitre 88 sur 315 · COMPLAINTE · texte numérisé non relu

COMPLAINTE

d'une de ces DEMOISELLES '

A l'occasion des affaires du temps.

SoTtmbre 4846.

Ain ; Faut d'la vertu, pat trop nVn faut.

Faut gu’ lord Villain-ton ait tout pris, ) Gn’a plus d’argent dans c’ gueux d’ Paris, i u

Du métier d’ fille j’ me dégoûte :

C’ commerce n’ rapporte plus rien.

Mais, si 1’ public nous fait banqueroute,

C’est qu’ les affaires n’ vont pas bien.

Faut qu’ lord Yillain-ton ait tout pris,

Gn’a plus d’argent dans c’ gueux a’ Paris.

Au bonheur on fait semblant d’ croire ;

Mais i’en jug’ mieux qu’ tous les flatteurs.

Si d’ la cour je u’ savais l’histoire,

J’ croirais quasi qu’on a des mœurs.

Faut qu’ lord Yiîlain-ton ait tout mis,

Gn’a plus d’argent dans c’ gueux a’ Paris.

Nous servions d’ maitress’ et d.’ modèles A nos peintres gorgés d’écus.

J’ crois qu’à leurs femm’s y sont fidèles D’puis qu’ les modèles n’ servent plus.

Faut qu’ lord Villain-ton ait tout pris,

Gn’a plus d’argent dans c’ gueux a’ Paris.

Quand gu’a pas 1* moindr’ profit-z à faire Sur tant d’ réformés mécontents,

Les juges p’t-êtr’ fraient not’ affaire ;

Mais T roi n’ leux eu laisse pas V temps.

Faut qu’ lord Villain-ton ait tout pris, Gn’a plus d’argent dans c’ gueux d’ Paris.

Enfin je n’ trouvons plus not’ compte Avec nos braves qu’ l’on vexa.

Vn leux misère, y aurait d’ la lionte A leux d’mander queuqu’ chos’ pour ça.

Faut qu’ lord Villain-ton ait tout pris, Gn’a plus d’argent dans c’ gueux d’ Paris.

lleureus’ment qu’ monsieur Laborie A nous servir s’est-z engagé :

Comme un diable y s’ démène, y crie Pour qu’on rend’ les biens du clergé.

Faut qu’ lord Villain-ton ait tout pris, j Gn'a plus d’argent dans c’ gueux d Pans.}

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