‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 101 sur 340 · LE CARNAVAL DE · texte numérisé non relu

LE CARNAVAL DE

Aiii ; A ma Marirol , du l»as eu haut.

On crie à la ville, à la cour :

Alil (ju'il c^t court I ah! qu'il ujI court! {Bis.

Des vuuvcs, des lilles, des i'cuiuies, Tu dois craindre les épigrauimes; Carnaval dont chacun pàtit, Dis-nous qui t'a l'ait si petit.

Carnaval [bis], ah ! comment nos belles T'accueilleront-elles?

Ou crie à la ville, à la cour :

Ah ! qu'il est court ! ah ! qu'il est court !

Chez nous quand si peu tu demeures, Des prières de quarante heures ('; Les heures qu'on retranchera Sont tout ce qu'on y g-agnera. Carnaval (tisi, ah! comment nos belles T'accueilleront-elles?

On crie à la ville, à la cour :

Ah! qu'il est court! ah! qu'il est court!

"Vendu sans doute au ministère, Tu ne viens qu'aliu qu'on t'enterre, Quand sur toi nous avions compté Pour quelques jours de liberté.

Carnaval {bis], ah! comment nos belles T'accueillcnuit-elles?

On cric à la ville, à la cour :

Ah! (ju'il est court! ah! qu'il est court!

Des ministres, oui, je le gage, A la Chambre, on te croit l'ouvrage; Et contre eux eulin déclare.

Le ventre même a murmuré.

Carnaval ibis), ah! comment nos belles T'accueilleront-elles ?

On crie à la ville, a la cour :

Ah ! qu'il est court 1 ah ! (ju'il est court !

Dis-moi, ta maigreur sans égale Est-elle une leçon morale Que chez nous, eu venant diner, Wellington veut encor donner? (*) Carnaval ^bis], ah! comment nos bellc,-- T'accucillcrout- elles?

Uu crie à la ville, à la cour :

Ah ! qu'il est court ! ah ! qu'il est court !

En France ou vit do sacrilice :

Aurait-on craint que la police, Toujours prête à nous égayer, N'eût trop de masques à payer? Carnaval [bis], ah! comment nos belles T'accueilleront-elles?

On crie à la ville, à la cour :

Ah ! (ju'il est court ! ah ! qu'il est court !

{') La durée de ce carnaval n'était ijue de viiigt-i|uatle licuros.

(') Lord W'ellingluii , lor:> de realévemeiit dco (:liefs-d'œuvro du Musée , préteudil 'ide nods Hvioiis besoin d'une leçun iiwiule.

ClIANSOxXS DE ]5KKAX(;ER

ISO

LE KETULll i)Ai\S LA PATKIE

Am : 8U2UII surlaiil de son vill.iiie.

yu'il va leulement le navire.

A qui j'ai confié mon sort!

Au rivage oîi mon cœur aspire, Qu'il est lent à trouver un port !

France adorée I

Douce contrée!

Mcf veux cent fuis ont cru te découvrir.

Qu'un vent rapide Soudain nous guide Aux bords sacrés où je reviens mourir.

Mais onCn le matelot crie :

Terre! terre! là-bas, voyez!

Ah ! tous mes maux seul oublies.

Salut à ma patrie! {Ter.]

l'JO

CHANSONS DE BEKANGEK

(Jui, \oil;i les rives de Fruiiee ; Oui, voilà le port vaste et sûr, Voisin des champs où mon eui'auce S'écoula sous un chaume obscur.

France adorée !

Douce contrée !

Après vingt ans enlin je te revois ; De mon village Je vois la plage; Je vois fumer la cime de nos toits.

Combien mon âme est attendrie !

Là furent mes premiers amours ; Là ma mère m'attend toujours, tjalut à ma patrie !

Loin de niun berceau, jeune encore, L'inconstance emporta mes pas Jusqu'au sein des mers uù l'aurore Sourit aux plus riches climats.

France adorée 1

Douce contrée !

Dieu le devait leurs fécondes chaleurs.

'J'oute l'année,

Là , brille ornée De Heurs, de fruits, et de fruits et de lleui- Mais là, ma jeunesse flétrie Rêvait à des climats plus cher»; Là je regrettais nos hivers.

Salut à ma patrie!

J'ai pu me l'aire une famille, VA des trésors m'étaient proiuis.

Sous un ciel où le sang pétille , A mes vo-'ux l'ainour fut soumis.

France adorée !

Douce contrée !

Que de plaisirs quittés pour le rcioir!

Mais sans jeunesse.

Mais sans richesse , Si d'être aimé je dois perdre l'espoir, De mes amours, dans la prairie, Les souvenirs seront présents :

C'est du soleil pour mes vieux ans.

Salut à ma patrie !

l'oussé chez des peuples sauvages Qui m'offraient de régner sur eux , J'ai su défendre leurs rivages Contre des ennemis nombreux.

France adorée !

Douce contrée !

Tes champs alors gémissaient envahis.

Puissance et gloire, Cris de victoire, Iviea n'étouffa la voix de mou pays.

f)e tout quitter mon cœur me prie :

Je reviens pauvre, mais constant.

Une bêche est là qui m'attend.

Salut à ma patrie !

Au bruit des transports d'allégresse, Enfin le navire entre au port.

Dans cette barque où l'on se presse, llùtous-nous d'atteindre le bord.

France adorée !

Douce contrée!

Puissent tes iils te revoir ainsi tous ! Enfin j'arrive, Et sur la rive Je rends au ciel, je rends grâce à genoux. Je t'embrasse, ô terre chérie!

Dru! qu'un exile doit souffrir!

Moi, désormais je puis mourir.

Salut à ma patrie 1

CHANSONS DR BKRAN'iRi;

l'Jl

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