‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 12 sur 340 · AINSI SOIT-IL · texte numérisé non relu

AINSI SOIT-IL

Air : Alk'Uiia.

Je suis devin , mes chers amis ; L'avenir qui nous est promis Se découvre à mon art subtil.

Ainsi soit-il !

Plus de poëte adulateur ; Le puissant craindra le llatteur ; Nul courtisan ne sera vil.

Ainsi soit-il !

Plus d'usuriers, plus de joueurs, De petits banquiers grands seigneurs.

Et pas un commis incivil.

Ainsi soit-il I

L'amitié, charme de nos jours, Ne sera plus un froid discours Dont l'infortune rompt le (il.

Ainsi soit-il !

La fille, novice à quinze ans, A dix-huit avec ses amants N'exercera que son babil.

Ainsi soit-il !

Femme fuira les vains atours, Et son mari pendant huit jours

Pourra s'absenter sans péril.

Ainsi soit-il !

L'on montrera dans chaque écrit Plus de génie et moins d'esprit , Laissant tout jargon puéril.

Ainsi soit-il !

L'auteur aura plus de fierté, L'acteur moins de fatuité ; Le critique sera civil.

Ainsi soit-il 1

(Jn rira des erreurs des grands, Un chansonnera leurs agents.

Sans voir arriver l'alguazil.

Ainsi soit-il !

En France enfin renaît le goût; La justice règne partout.

Et la vérité sort d'exil.

Ainsi soit-il !

(^r, mes amis, bénissons Dieu, Qui met chaque chose on son lieu Celles-ci sont puur l'an trois mil.

Ainsi soit-il I

CHANSONS DE BERANGER

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