‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 150 sur 340 · LE MAUVAIS VIN · texte numérisé non relu

LE MAUVAIS VIN

ou LES CAlt

Air : On ilil pailoul c|uc je suis bile.

Béni sois-tu, vin détestable 1 Pour moi tu n'es point redoutable , Bien qu'au maître de ce banquet Des flatteurs vantent ton bouquet.

Arrose doue , fade piquette , Les fleurs peintes sur mon assiette.

Vive le vin qui ne vaut rien 1 Notre santé s'en trouve bien.

Car, si tu m'invitais à boire , Bientôt je perdrais la mémoire Du docteur, qui me dit toujours :

« Pour vous, c'est assez des amours.

K Chantez Bacchus, ainsi qu'un prêtre 0 Parle de Dieu sans le connaître, »

Vive le vin qui ne vaut rien !

Notre belle s'en trouve bien.

Car, si tu portais à l'ivresse.

Certaine Espagnole en détresse.

Ce soir, pourrait bien, je le sens, Mettre à sec ma bourse et mes sens ;

Et Lisette, qui tient ma caisse.

Aurait à souffrir de la baisse.

Vive le vin qui ne vaut rien 1 Notre raison s'en trouve bien.

Car, si tu réchauffais ma veine.

Armé de vers forgés sans peine, Tout en chantant je tomberais Peut-être au milieu d'un congrès ; Puis j'irais, pour démagogie.

En prison terminer l'orgie.

Vive le vin qui ne vaut rien !

Notre gaieté s'en trouve.bien.

Car en prison l'on ne rit guère.

Mais, vin à qui je fais la guerre.

Tu disparais, et sous mes yeux Mousse un nectar digne des dieux.

Au risque d'une catastrophe , Versez-m'en, je suis philosophe.

Versez I versez ! je ne crains rien ; Du bon \in je me trouve bien.

CHANSONS DE BERANGER

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