‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 151 sur 340 · LES SCIENCES · texte numérisé non relu

LES SCIENCES

Aiu des ilauvaihci lùli;s.

Fatigué des clartés confuses Qui m'out égaré bieu souvent, J'allais bannir Amours et Muses ; J'allais vouloir être savant.

Mais quoi ! pour une âme incertaine La science est d'un vain secours.

Gardons Lisette et la Fontaine :

Muses, restez; restez, Amours.

La nature était mou Armide ; Dans ses jardins j'errais surpris :

Mais un chimiste moius timide Règne en vainqueur sur leurs débris.

Dans son fourneau rien qu'il ne jette ; Des gaz il poursuit le concours.

Ma iée y perdrait sa baguette :

Muses, restez; restez, Amours.

J'ai regret aux coûtes de vieille.

Quand un docteur dit qu'à sa voix Les morts lui viennent à l'oreille De la vie expliquer les lois.

De la lampe il voit la matière.

Les ressorts, le fond, les contours; Je n'en veux voir que la lumière.

Muses, restez; restez. Amours.

Enfin aux calculs qu'on entasse Si les cieux n'obéissaient pas!

Plus d'une erreur passe et repasse Entre les branches d'un compas.

Un siècle a changé la physique ; Nos temps sont féconds en retours.

Je crains que le soleil n'abdique :

Muses, restez; restez. Amours.

Enivrous-uous de poésie, Nos cœurs n'en aimeront que mieux ; Elle est un reste d'ambroisie Qu'aux mortels ont laissé les dieux.

Quel est sur moi le froid qui tombe?

C'est le froid du soir de mes jours.

Promettez un rêve à ma tombe :

Muses , restez ; restez , Amours.

CHANSONS DE BERANGEIi

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