LE MALADE
Am : Musc ijes bois et des accoriU champélres.
Un mal cuisant déchire ma poitrine,
Ma faible voix s'éteint dans les douleurs ;
Et tout renaît, et déjà l'aubépine
A vu l'abeille accourir à ses fleurs.
Dieu d'un sourire a béni la nature ;
Dans leur splendeur les cieux vont éclater.
Reviens, ma voix, faible, mais douce et pure :
Il est encor de beaux jours à chanter.
Mon Esculape (') a renversé mon verre : Plus de gaieté ! mon front se rembrunit ; Mais vient l'Amour et le mois qu'il préfère : Déjà l'oiseau butine pour son nid.
Des voluptés le torrent va s'épandre Sur l'univers , qui semblait végéter.
Reviens, ma voix, faible, mais toujours tendre Il est encor des plaisirs à chanter.
Pour mon pays que de chansons encore ! D'un lâche oubli vengeons les trois couleurs ; De nouveaux noms la France se décore ; A l'aigle éteint nous redevons des pleurs.
Que de périls la tribune orageuse Offre aux vertus qui l'osent afi'ronter ! Reviens, ma voix, faible, mais courageuse : Il est encor des gloires à chanter.
Puis j'entrevois la liberté bannie ; Elle revient : despotes , à genoux !
Pour l'étouffer, en vain la tyrannie Fait signe au Nord de déborder sur nous. L'ours effrayé regagne sa tanière , Loin du soleil qu'il voulait disputer.
Reviens, ma voix, faible, mais libre et fière : Il est encore un triomphe à chanter.
Que dis-je? hélas! oui, la terre s'éveille. Belle et parée, au souffle du printemps. Mais dans nos cœurs le courage sommeille; Chargé de fers, chacun se dit : J'attends! La Grèce expire, et l'Europe est tremblante; Seuls, nos pleurs seuls osent se révolter. Reviens, ma voix, faible, mais consolante : Il est encor des martyrs à chanter.
(') Le célèbre docteur Dubois, à qui l'auteur de ces cbaiisous ne peut témoigner trop de reconnaissance, et en qui Ips qualités du cœur égalent la science et l'étonnante bablleté.
CHANPON?! DF BKRANGER