‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 154 sur 340 · A MADAME · texte numérisé non relu

A MADAME

Air : .T'ai vu p.irtnnt dans mes vnyajres.

Dn riel j'arrivp, et mon voyage

Nous épargne à tous l)ien Jes pleurs.

Beauté folâtre autant que sage,

Ne jouez plus avec des fleurs.

Sachez qu'hier, la panse ronde

Et l'œil obscurci par Bacchus,

Jupin a cru dans notre monde )

Bh.

Voir une couronne de plus. ^

A la colère il s'abandonne :

« L'abus, dit-il, devient trop fort.

» Encore un front que l'on couronne, « Quand le faiseur de rois est mort ! (') « Sur ce front lançons mon tonnerre :

« Du faible enfin vengeons les droits. « .Je veux voir un jour sur la terre 0 Les rois sujets, les sujets rois. »

Dans son conseil alors j'arrive (Où les rimeurs n'entrent-ils pas?) ; En joue il vous met sans qui-vive ; Mais je l'aborde chapeau bas :

" Jupin, de ton arrêt j'appelle ; " Ta balance et tes poids sont fauv.

« Ta cour de justice éternelle « A-t-elle eu ses gardes des sceaux?

o Braque tes lunettes, vieux sire, » Sur le Iront couronné par nous ; '< De la candeur c'est le sourire, " De la bonté c'est l'œil si doux.

« Lorsque les carreaux de son foudre « Chez nos sourds passent pour muets, fc Jupin ne mettrait-il en poudre '■ Qu'une couronne de bluets? ■>

'. Oh ! oh ! dit-il, qu'allais-je faire? X Ailleurs frappons; mon foudre est chaud. ■> " Frappe, mais sur notre hémisphère '. Vise donc plus bas ou plus haut. » Heureux d'avoir su vous défendre , J'accours des célestes donjons.

Quant à Jupin, je viens d'apprendre Qu'il a foudroyé deiLX pigeons.

(') NapoMon.

CHANSONS DR RÉRANGER

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