A MADAME GÉVAUDAN (') , POUR LA SAINT-JEAN, JOUB DE SA FETE
Ain Ju Mciiaijc du garçon.
Naguère en un royal hospice
J'allai subir les soins de l'art;
Esculape me fut propice ,
Je bénis cet heureux hasard. (Bis. )
Mais l'Amitié, toujours craintive,
Me dit : ï Point de sécurité I
a Un quiproquo bien vite arrive.
« Change de maison de santé. » {Bis.
Molière a terminé sa vie Entre deux sœurs de charité.
Or, quand Jeanne fait œuvre pie, C'est un rendu pour un prêté.
De Thalie elle fut tourière Avec talent, grâce et beauté.
Et la suivante de Molière Fonde une maison de santé.
A R elle me transporte;
Je me sens mieux en avançant.
La Bienfaisance est sur la porte, Le Malheur salue en passant.
Là Jeannette est supérieure , Et le ciel fit de sa bouté La lampe qui brûle à toute heure Dans cette maison de santé.
L'Amitié seule y donne place :
Moi, j'en ai fait mon Hôtel-Dieu.
Infirmiers, remplissez ma tasse; C'est aujourd'hui le saint du lieu.
Quand il s'agit de fêter Jeanne , Mon seul régime est la gaieté.
Je veux m'enivrer de tisane Dans cette maison de santé.
(') Madame Gévaudan, qui, sous le uom do Devienne, a longtemps occupé le premier rang au Tliéâtre-Français, et n'y a peut-être pas encore été remplacée dans les rôles de soubrette. Mariée au bon et généreux Gévaudan , elle fut dans sa retraite un modèle d'amitié et de bienfaisance.
CHANSONS DE DÉRANGER