‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 158 sur 340 · LA BONNE MAMAN · texte numérisé non relu

LA BONNE MAMAN

r.OIIPr.KTS A UNE PiMK HE TRENTE ANS, QUE L'AUTEfR APPELAIT SA r,H\ND'.MKUr

Airi : JV'l.'iis bon rlia^çeiir autrefois.

Au (lire du proverbe ancien, L'amitié ne remonte guère.

Bon petit-fils, je n'en crois ripn, Quandje pense à vous, ma grand'nièri" Ces titres, quelquefois si doux, Vous paraîtraient-ils insipides?

Bonne maman, consolez-vous; Vous n'avez point encor de rides.

L'Amour a peur des grand'niamans; Mais, à prix d'or, coiiibiim de vieille Ont à leurs gages des amants Dont les missives font merveilles!

On sait, pour lire un billet doux.

Quel moyen prennent ces coquell.;i.

Bonne maman, consolez-vous; Vous lisez encor sans lunettes.

L'âge a-t-il éteint vos désirs ?

Blâmez-vous les tendres chimères ?

Censurer les plus doux plaisirs Est le plaisir de nos grand'mères.

Les ans font-ils neiger sur nous, A nos yeux tout se décolore.

Bonne maman , consolez-vous ; Vous ne blanchissez point encore.

Quoil sans rides, sans cheveux blancs, Et sans lunettes, à votre âge !

Voyons si vos genoux treuihlanls Des ans n'attestent pas l'outrage.

Oui, je vois trembler vos genoux, Que l'Amour tendrement caresse.

Bonne maman , consolez-vous , Prenez un bâton de vieillesse.

CHANSONS DE BERANGER

LE CONTRÂT DE MABTATtE

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