‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 183 sur 340 · LE CHASSEUR ET LA LAITIERE · texte numérisé non relu

LE CHASSEUR ET LA LAITIERE

Am ; Je lie vous vois jamais rêveuse (Je iVa Tanle Aurore].

L'alouette à peine éveillée Chante l'aurore d'un beau jour; Suis le chasseur sous la feuillée, Laitière ; il parlera d'auiour.

Dans la rosée allons, ma chère, Cueillir pour toi fleurs du printemps.

— Non, beau chasseur, je crains ma mère. Je ne veux pas perdre mon temps.

Ta mère et sa chèvre fidèle Sont loin derrière ce coteau.

Ecoute une chanson nouvelle Qui vient des dames du château.

Fille qui la peut faire entendre Doit fixer les plus inconstants.

— Chasseur, j'en sais une aussi tendre. Je ne veux pas perdre mon temps.

Pour la dire apprends l'aventure Du spectre d'un baron jaloux, Entraînant à sa sépulture La beauté dont il fut l'époux.

Ce récit, (juand la nuit est noire, Fait frissonner les assistants.

— Chasseur, je connais cette histoire.

Je ne veux pas perdre mon temps.

Je puis t'enseigner des prières Pour charmer la fureur des loups, Ou pour conjurer des sorcières L'œil malfaisant tourné vers nous.

Crains qu'une vieille, en sa misère, Ne jette un sort sur ton printemps.

— Chasseur, n'ai-je pas un rosaire?

Je ne veux pas perdre mon temps.

Eh bien, vois cette croix qui brille ; Compte ses rubis précieux.

Sur le sein d'une jeune fille Elle attirerait tous les yeux.

Prends-la, malgré ce qu'elle coûte ; Mais songe au prix que j'en altoiid;-!

— Qu'elle est belle ! ah ! je vous écoute. Ce n'est pas là perdre mon temps.

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CHANSONS DE BERANGER

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