‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 188 sur 340 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

Vieux grenadiers, suivons un vieux soMat. Suivons un vieux soldat.

CHANSONS DE BÉRANGER

iOUrLETS SUR LA JOURNEE DE WATERLOO

Ain : Muse des liois et des accords tliampi'lres.

I)c vieux soldats m'ont dit : » C4r;ice à ta Musc, " Le iiciiple enliu a des chants pour sa voix. « Ris du laurier qu'un parti te refuse; « Consacre encor des vers à nos exploits. « Chante ce jour qu'invoquaient des perfides, « Ce dernier jour de gloire et de revers. « J'ai répondu , haïssant des yeux humides : — Son nom jamais n'attristera mes vers.

Périsse enfin le géant des batailles !

Disaient les rois : peuples, accourez tous.

La Liberté sonne ses funérailles;

Par vous sauvés, nous régnerons par vous.

Le géant tombe, et ces nains sans mémoire

A l'esclavage ont voué l'univers.

Des deux côtés ce jour trompa la Cloirc.

Son nom iamais n'attristera mes vers.

Qui, dans Athène, au nom de Chéronée, Mêla jamais des sons harmonieux?

Par la fortune Athènes détrônée Maudit Philippe et douta de ses dieux.

Un jour pareil voit tomber notre empire, Voit l'étranger nous rapporter des fers, Voit des Français lâchement leur sourire. Son nom jamais n'attristera mes vers.

Mais quoi I déjà les hommes d'un autre âge De ma douleur se demandent l'objet.

Que leur importe en effet ce naufrage ? Sur le torrent leur berceau surnageait.

Qu'ils soient heureux I leur astre, qui se lève, Du jour funeste efface les revers.

Mais, dût ce jour n'être plus qu'au vain rêve, Son nom jamais n'attristera mes vers.

CHANSONS DE BERANGER

Page 1