‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 189 sur 340 · ENCORE DES AMOURS · texte numérisé non relu

ENCORE DES AMOURS

Air:

Je me disais : Tous les dieux du bel âge M'ont délaissé ; me voilà seul et vieux. Adieu l'espoir que leur troupe volage M'avait donué de me fermer les yeux !

Je le disais, lorsqu'une enchanteresse Vient et d'un mot ravit mes sens troublés. Ah ! c'est encor quelque beauté traîtresse : Tous les Amours ne sont pas envolés.

Oui , c'est encor quelque sujet de peine; Mais du repos je suis si fatigué!

Lorsqu'à trente ans je pliais sous ma chaîne, Plus malheureux, pourtant j'étais plus gai.

Le ciel m'envoie une reine nouvelle ; Combien d'attraits les siens m'ont rappelés ! Roses d'automne, effeuillez-vous pour elle : Tous les Amours ne sont pas envolés.

Mes yeux encore ont des pleurs à répandre ; Ma voix encore a des chants amoureux. Aimons, chantons. La beauté vient m'apprendre A triompher des hivers rigoureux.

Tout me sourit : les Heurs brillent plus belles. Les jours plus purs, les cieux plus étoiles. Dans l'air plus doux j'entends battre des ailes : Tous les Amours ne sont pas envolés.

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