‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 198 sur 340 · LES BOHÉMIENS · texte numérisé non relu

LES BOHÉMIENS

Ain : Mon pi^r' ni';i ilttitn*' tni nini-î.

Sorciers, bateleurs ou filous, Reste iniaionde D'un ancien monde ; Sorciers, bateleurs ou filous, Gais bohémiens, d'où venez-vous?

D'où nous venons? l'on n'en ?:iit rien. L'hirondolle, D'où vous vient-elle? D'où nous venons? l'on n'en sait rien.

Où nous irons, le sait-on bien?

CHANSONS DE BERANGER

Sans pays, sans prince et sans lois, Notre vie Doit faire envie ; Sans pays, sans prince et sans lois, L'komme est heureux un jour sur trois.

Ton œil ne peut se détacher, Philosophe De mince étoffe ; Ton œil ne peut se détacher Du vieux coq de ton vieux clocher.

Tous indépendants nous naissons,

Sans église

Qui nous baptise ; Tous indépendants nous naissons .

Au bruit du fifre et des chansons.

Voir, c'est avoir. Allons courir !

Vie errante Est chose enivrante.

Voir, c'est avoir. Allons courir !

Car tout voir, c'est tout conquérir.

Nos premiers pas sont dégagés. Dans ce monde Où l'erreur abonde ; Nos premiers pas sont dégagés Du vieux maillot des préjugés.

Mais à l'homme on crie en tout lieu , Qu'il s'agite Ou croupisse au gite ; Mais à l'homme on crie en tout lieu : t Tu nais, bonjour; tu meurs, adieu, d

Au peuple, en butte à nos larcins, Tout grimoire En peut faire accroire ; Au peuple, en butte à nos larcins.

Il faut des sorciers et des saints.

Quand nous mourons , vieux ou bambin , Homme ou femme, A Dieu soit notre âme I Quand nous mourons, vieux ou bambin.

On vend le corps au carabin.

Trouvons-nous Plutus en chemin , Notre bande Gaiement demande ; Trouvons-nous Plutus en chemin.

En chantant nous tendons la main.

Nous n'avons donc, exempts d'orgueil.

De lois vaines.

De lourdes chaînes ; Nous n'avons donc, exempts d'orgueil, Ni berceau, ni toit, ni cercueil.

Pativres oiseaux que Dieu bénit.

De la ville Qu'on nous exile ; Pauvres oiseaux que Dieu JK'nit, Au fond des bois pend notre nid.

Mais, croycz-en notre gaieté.

Noble ou prêtre.

Valet ou maître ; Mais, croyez-en notre gaieté, Le bonheur, c'est la liberté.

A tâtons l'Amour, chaque nuit.

Nous attelle Tous pêle-mêle ; A tAtons l'Amour, chaque nuit.

Nous attelle au char qu'il rnniluit.

Oui, croyez-en notre gaieté, Noble ou prêtre, Valet ou maître ; Oui , croyez-en notre gaieté , Le bonheur, c'est la liberté.

CHANSONS DE BERANGER

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