‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 199 sur 340 · LES NÈGRES ET LES MARIONNETTES · texte numérisé non relu

LES NÈGRES ET LES MARIONNETTES

l' A li L K

Aiu : Pégase csl mi clieval i|iJi iiorli-.

Sur son navire un capitaine Transportait des noirs au uiarciu'.

L'ennui les tuait par vingtaine :

Peste 1 dit-il , quel débouché !

Fi ! que c'est laid, sots que vous êtes ! Mais j'ai de quoi vous guérir tous : Venez voir mes marionnettes ;

Bons esclaves, amusez-vous. )

Bis.

Pour tromper leur douleur mortelle, Soudain un théâtre est monté ; Soudain parait Polichinelle, Pour des noirs grande nouveauté.

D'abord ils ne savent qu'en dire.

Ils se regardent en dessous ; Puis aux pleurs se mêle un sourire.

Bons esclaves, amusez-vous.

Voilà monsieur le commissaire :

Il s'attaque au roi des bossus.

Qui, trouvant un exemple à faire.

Vous l'assomme et souflle dessus.

Oubliant tout, jusqu'à leurs chaînes.

Nos gens poussent des rires fous.

L'honnne est infidèle à ses peines :

Bons esclaves, amusez-vous.

Le diable vient; l'ange rebelle Leur plaît surtout par sa couleur.

Il emporte Polichinelle; Autre accroc fait à la douleur.

Cette fin charme l'auditoire :

Un noir a triomphé pour tous.

Les pauvres gens révent la gloire :

Bons esclaves, amusez-vous.

Ainsi, voguant vers l'Amérique, Où s'aggraveront leurs destins, De leur humeur mélancolique Ils sont tirés par des pantins.

Tout roi que la peur désenivre Nous prodigue aussi des joujoux.

N'allez pas vous lasser de vivre : Bons esclaves, anmsez-vous.

CHANSONS DE BERANGER

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