‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 204 sur 340 · SG · texte numérisé non relu

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CHANSONS DE BÉRANGER

Des follets brillent dans l'ombre,

Et la voix que j'entendais

Se mêle aux cris d'un grand nombre

De lutins, de farfadets.

Au bruit d'une aigre trompette

Le sabbat a commencé.

Plus haut la voix répète :

Notre règne est passé.

Œ Non, dit la voix, plus de fêtes !

et Esprits, vite délogeons.

<t La Raison, par ses conquêtes, <r Nous bannit des vieux donjons.

0 Le monde a changé d'oracles ;

0 Nos prodiges ont cessé.

a L'homme fait les miracles :

a Notre règne est passé.

1 Nous donnâmes à la Grèce

s Ces dieux créés pour les sens, '. Dont l'éternolle jeunesse 0 Vivait de tleurs et d'encens.

a Dans la Gaule encor sauvage 1 Pour nous le sang fut versé.

" Hélas! même au village,

c Notre règne est passé.

<i On nous vit, sous vos trophées, (X Paladins et troubadours , I Enchaîner aux pieds des fées « Les rois, les saints, les Amours.

<t La mngie à notre c!U[iJro " Soumit le ciel courroucé.

« Des sorciers j'entends rire ;

1 Notre règne est passé.

ï La Raison nous exorcise ; « Esprits, fuyons sans retour. »

La voix se tait... 0 surprise!

J'ai cru voir crouler la tour.

De leur retraite chérie Tous ont fui d'un vol pressé.

Au Iciiu la voix s'écrie :

Notre règne est passé.

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