‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 215 sur 340 · DENY8 MAITRE D'ECOLE · texte numérisé non relu

DENY8 MAITRE D'ECOLE

Am ; Je \jis bifiilul nuilki' IVuipiit.

Denys, chassé de Syracuse, A Corinthe se fait pédant.

Ce roi que tout un peuple accuse , Pauvre et déchu, se con.-ole en grondant. [Bis.)

Maitrc d'école, au moins il prime; Son bon plaisir fait et défait des lois. {Bis.

Il règne cncor, car il opprime.

.Taiii.iis l'exil n'a corrigé le? rois. (Bis.)

CHANSONS DE BÉRANGER

Sur le diner de chaque élève

Le tyran des Syracusains,

Comme impôt, chaque jour prélève Trois quarts des noix, du miel et des raisins.

Çà, dit-il, qu'on le reconnaisse:

J'ai droit sur tout, je l'ai prouvé cent foi?.

Baisez la uKiin : je vous en laisse.

Jamais l'exil n'a corrigé les rois.

Un sournois, dernier de sa classe.

Au bas d'un thème mal tourné

Met ces mots : Grand roi , qu'un dieu lasse Périr tous ceux qui vous ont détrôné !

Vite un prix au sot qui l'adule I ?iIon fils, dit-il, tuut sceptre est un grand poids

Sois mon second, prends la férule.

Jamais l'exil n'a corrigé les rois.

Un autre en secret vient lui dire :

Seigneur, un écolier transcrit, Là-bas, je crois, quelque satire; C'est contre vous , car voyez comiuu il rit !

Ce maître d'humeur répressive, De l'accusé courant tordre les doigts ,

Dit : Je ne veux plus qu'on écrive.

Jamais l'exil n'a corrigé les rois.

Rêvant un jour que l'on conspire, Rêvant qu'il court de grands dangers, Ce fou, tremblant pour son empire.

Voit ses marmots narguer deux étrangers. Chers étrangers, dans ce repaire

Entrez, dit-il; sur eux vengez mes droits ; Frappez : pour eux je suis un père.

Jamais l'exil n'a corrigé les rois.

Enfin, pères, mères, grand'mères De maint enfant trop bien fessé, L'accablant de plaintes amères.

L'ancien tyran , de Corinthe est chassé. Mais pour agir encore en maître ,

Maudire encor sa patrie et ses lois.

De pédant, Denys se fait prêtre.

Jamais l'exil n'a corrigé les rois.

Am :

COUPLET

Pauvres fous, battons la campague ; Que nos grelots tintent soudain.

Comme les beaux mulets d'Espagne, Nous marchons tous drcliu diudiu.

Des erreurs de l'humaine espèce Dieu veut que chacun ait son lot ; Même au manteau de la Sagesse La Folie attache un grelot.

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