‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 225 sur 340 · LES FEUX FOLLETS · texte numérisé non relu

LES FEUX FOLLETS

Ain : Faiil l'oiililirr, ilisail l'.uk'lliv

0 nuit ilï'tr, paix du \illayi',

Ciol pur, doux parfums, Trais ruisseau,

Vous (.niibellissicz iiinu licrcoau :

Consolez-moi dans un autre ;>ge.

Las du moudc, ici je uie plais ;

Tout y retrace mon eul'auce ,

Oui , tout , jusqu'à ces feux follet».

jadis leur cclat et leur danx; M'auraient l'ait fuir ;i pas presses.

J'ai perdu ma douce iguurancc.

Fullels, dansez, dansez, dansez.

Ou racontait aux longue» veilks Qu'ils étaient moqueurs et méthautsj

GHANSONS DE BERANGER

Que ces feux gardaient daus uos chaiiii)s Bien des trésors, bieu des merveilles.

Reveuauls, lutins, uoirs esprits, Sorciers, maligues influences, A tout croire on m'avait appris.

Je voyais des dragons immenses Sur les donjons des temps passés.

L'âge a soufflé sur mes croyances, l'ollets, dansez, dansez, dansez.

Un soir, j'avais dix ans à peine.

Egaré , couyert de sueur, .Je vois de loin cette lueur : .

C'est la lampe de ma marraine.

Chez elle un gâteau m'attendant , .7c cours, je cours, l'àme ravie.

Un berger me crie : « Imprudent !

« La lumière par toi suivie « Eclaire un bal de trépassés. •> Ainsi devait s'user ma vie.

Follets, dansez, dansez, dansez.

A seize ans, je vis même flamme

Sur la tombe du vieux curé ;

Soudain m'écriant : k Je prierai.

« Monsieur le curé , pour votre âme ; ;

Je m'imagine qu'il me dit :

« Faut-il que la beauté te rende

'■ Déjà rêveur, entant maudit! »

Ce soir-là, tant ma peur fut grande, Je crus à des cieux courroucés.

Parlez encore et que j'entende.

Follets, dansez, dansez, dansez.

Quand j'aimai Rose au cœur candide, Un peu d'or eût comblé nos vœux.

Devant moi passe un de ces feux :

Vers des trésors qu'il soit mon guide.

J'ose le suivre ; mais , hélas !

Dans l'étang que ce ruisseau creuse Je tombe , et je ne péris pas !

A-t-il ri de ta chute: affreuse ?

Disent encor des insensés.

Non, mais sans moi Rose est heureuse.

Follets, dansez, dansez, dansez.

De mille erreurs l'àme affrauciiie, Me voilà vieux avant le temps.

Vapeurs qui brillez peu dMnstants , Voyez-vous ma tète blanchie ?

Des sages m'ont ouvert les yeux ; Mais j'admirais bien plus l'aurore Quand je connaissais moins les cieiix.

Du savoir le flambeau dévore Les sylphes qui nous ont bercés, ••^.h ! je voudrais vous craindre encore. Follets, dansez, dansez, dansez.

CHANSONS OK lîKKANT.KK

Page 1