‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 226 sur 340 · COLIBRI · texte numérisé non relu

COLIBRI

AlK : r,;iril>; à vihk! iMe li( Viililc,'

Mes ami?,

J'ai soumis L'enfer à ma puissance.

De son obéissance J'ni pour gage certain

Un lutin. [Ter. ) Sous forme d'oiseau-mouclie , A mon chevet il couclie.

Lutin doux et chéri, Baisez-moi, Colibri,

Colibri! [Ter.]

S'éveillant ,

Babillant, Au jour qui naît et brille .

Son petit corps scintille D'émeraude et d'azur.

Et d'or pur.

Fleur qui cherche sa ti^e .

Le voilà qui voltigo :

L'Aurore en a souri.

Baisez-moi, Colibri,

Colibri !

Je le vois,

A ma voix, Voler vers qui m'imploro.

Ses ailes font éclore Richesse, honneurs, aniour»

Kt beaux jours.

yurli|ue siiil'iiui iii'cMiilir.!.-;!',

Il peut remplir le vase Que ma bouche a tari.

Baisez-moi , Colibri .

Colibri!

Je puis voir

Son pouvoir Franchir l'espace et l'onde ; Du Pérou . de Golconde , M'apporter dans nos ports

Les trésors.

Mais non ; point d'opulence.

Quand un peuple en silence Souffre et meurt sans abri.

Baisez-moi, Colibri, ■ Colibri !

Je puis voir

Son pouvoir Me donner des couronnes.

Des palais à colonnes, Des gardes et l'amour

D'une cour.

Mais non; j'en sais l'iiisloin»

Le monde , à tant de gloire .

De douleur pousse un cri.

lîaisez-moi, Coliiiri.

('(iliiiril

Demandons, l'our seuls duns,

Simiiln toit, portas flojps, De? r-liant?. ilu vin, de? ro?e5, Et la paiv d'un rerlus,

Rien de plus.

INTon paradis «'arrange,

Dieux! et l'oi-eau se fliange En piquante lionri.

Baisez-moi, Coliliri , Colibri!

LE PROYEEEE

Épris jadis d'une princesse, Alain vit son ripur rejeté ; Simple écuyer, né sans noblesse, Comme un vilain il fut traité.

La princesse avait une dame , Dame d'honneur, fleur an déclin ; Alain lui transporte sa flamme :

Il est traité comme un vilain.

La dame avait une suivante Qui tenait à la qualité.

En vain de lui [daire il se vante; Comme \\n vilain il est traité.

La «uivante avait sa soubrette :

Celle-ci cède au pauvre Alain, Surprise, tant bien il la traite , Qu'on l'ait traité comme un vilain.

La suivante, qu'un mot éclaire, Court après Alain bien goûté ; La dame à son tour veut lui plaire, Comme un baron il est traité ; La princesse, enfin, moins superbe, Ouvre au galant ses draps de lin.

Depuis lors, adieu le proverbe Qui dit ; Traité comme un vilain.

CHANSONS DE BERANGER

lllISIHUilf i

Page 1