COLIBRI
AlK : r,;iril>; à vihk! iMe li( Viililc,'
Mes ami?,
J'ai soumis L'enfer à ma puissance.
De son obéissance J'ni pour gage certain
Un lutin. [Ter. ) Sous forme d'oiseau-mouclie , A mon chevet il couclie.
Lutin doux et chéri, Baisez-moi, Colibri,
Colibri! [Ter.]
S'éveillant ,
Babillant, Au jour qui naît et brille .
Son petit corps scintille D'émeraude et d'azur.
Et d'or pur.
Fleur qui cherche sa ti^e .
Le voilà qui voltigo :
L'Aurore en a souri.
Baisez-moi, Colibri,
Colibri !
Je le vois,
A ma voix, Voler vers qui m'imploro.
Ses ailes font éclore Richesse, honneurs, aniour»
Kt beaux jours.
yurli|ue siiil'iiui iii'cMiilir.!.-;!',
Il peut remplir le vase Que ma bouche a tari.
Baisez-moi , Colibri .
Colibri!
Je puis voir
Son pouvoir Franchir l'espace et l'onde ; Du Pérou . de Golconde , M'apporter dans nos ports
Les trésors.
Mais non ; point d'opulence.
Quand un peuple en silence Souffre et meurt sans abri.
Baisez-moi, Colibri, ■ Colibri !
Je puis voir
Son pouvoir Me donner des couronnes.
Des palais à colonnes, Des gardes et l'amour
D'une cour.
Mais non; j'en sais l'iiisloin»
Le monde , à tant de gloire .
De douleur pousse un cri.
lîaisez-moi, Coliiiri.
('(iliiiril
Demandons, l'our seuls duns,
Simiiln toit, portas flojps, De? r-liant?. ilu vin, de? ro?e5, Et la paiv d'un rerlus,
Rien de plus.
INTon paradis «'arrange,
Dieux! et l'oi-eau se fliange En piquante lionri.
Baisez-moi, Coliliri , Colibri!
LE PROYEEEE
Épris jadis d'une princesse, Alain vit son ripur rejeté ; Simple écuyer, né sans noblesse, Comme un vilain il fut traité.
La princesse avait une dame , Dame d'honneur, fleur an déclin ; Alain lui transporte sa flamme :
Il est traité comme un vilain.
La dame avait une suivante Qui tenait à la qualité.
En vain de lui [daire il se vante; Comme \\n vilain il est traité.
La «uivante avait sa soubrette :
Celle-ci cède au pauvre Alain, Surprise, tant bien il la traite , Qu'on l'ait traité comme un vilain.
La suivante, qu'un mot éclaire, Court après Alain bien goûté ; La dame à son tour veut lui plaire, Comme un baron il est traité ; La princesse, enfin, moins superbe, Ouvre au galant ses draps de lin.
Depuis lors, adieu le proverbe Qui dit ; Traité comme un vilain.
CHANSONS DE BERANGER
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