I. KCUIVAIN
A le louer, entants, ma plume est prête. Des mallieureux, oui, Jaajue est le soutien.
CHANSONS DE BERANGER
Je le peindrai pur, daus son opulence, Dps titres vains dont l'orgueil se nourrit,
LES ENFANTS
rhaniez plutôt notre reconnaissance :
Des enfants n'ont pas tant d'esprit.
l'écrivain.
Ou peut chez lui célébrer la richesse, Qui trop souvent corrompit les humains.
Fruit du travail, tout l'argent de sa caisse Sans les salir a passé par ses mains.
Parfois chez nous la probité prospère ; Aux grands talents parfois le ciel sourit ,
LES ENFANTS
Parlez plutôt de notre pauvre père :
Des enfants n'ont pas tant d'esprit.
l'écrivain.
Je veux surtout le peindre à la tribune. A la raison sa voix donna l'essor.
Il défendit la publique fortune , Lorsqu'aux proscrits il prodiguait son or. Il nous montra la patrie expirante Sur des trésors que le pouvoir tarit,
LES ENFANTS
Peignez plutôt notre mère souffrante :
Des enfants n'ont pas tant d'esprit,
l'écrivain.
Je veux aussi peindre la calomnie :
Point de vertus que respectent ses traits. Mais par le souffle une glace ternie , Plus pure aux yeux brille l'instant d'après. Eu vain des sots il connut l'inconstance, Du citoyen la palme refleurit.
LES ENFANTS
Dites plutôt qu'il est notre espérance : Des enfants n'ont pas tant d'esprit.
l'écrivain.
Pauvres enfants! je vois ce qu'il faut dire : De vos parents Jacque est l'unique appui. Les biens si chers auxquels un peuple aspire, Vous priez Dieu de les verser sur lui. Pour lui porter ces vœux d'une âme pure, Vous attendiez que sa porte s'ouvrit.
Plus grands que vous passent par la serrure : Des enfants n'ont pas tant d'esprit.
CHANSONS DE BERANGER
HATONS-NOUS!
Am : Ah! ii ma ilame me vi'yaill
Ah I si j'étais jeune et vaillant ,
Vrai hussard, je courrais le monde,
Retroussant ma moustache blonde ,
Sous un uniforme brillant.
Le sabre au poing et bataillant.
Va , mon coursier, vole eu Pologne :
Arrachons un peuple au trépas.
Que nos poltrons en aient vergogne.
Hâtons-nous; l'honneur est là-bas. [Bis.
Pour eux, si j'étais roi puissant, Combien je ferais plus encore !
Mes vaisseaux, du Sund au Bospiiorc . Iraient réveiller le Croissant, Des Suédois réchauffer le sang ; Criant : Pologne, on te seconde !
Un long sceptre au bout d'un bon bra; Peut atteindre aux bornes du monde.
Hàtons-nous; l'honneur est là-bas.
Si j'étais jeune, assurément J'aurais maîtresse jeune et belle.
Vite en croupe. Mademoiselle :
Imitez le beau dévouement Des femmes de ce peuple aiiuanl.
Vendez vos parures, oui, toutes.
En charpie emportons vos draps.
De son sang sauvez quelques gouttes.
Hàtons-nous ; l'honneur est là-bas.
Si j'étais un jour, un seul jour, Le Dieu que la Pologne implore , Sous ma justice, avant l'aurore, Le czar pâlirait dans sa cour :
Aux Polonais tout mon amour !
Je saurais , trompant les oracles , X^e miracles semer leurs pas.
Hélas 1 il leur faut des miracles !
Hâtons-uous ; l'honneur est là-bas.
Bien plus, si j'avais des millions, J'irais dire aux braves Sarmates :
Achetons quelques diplomates, Beaucoup de poudre, et rhabillons Vos héroïques bataillons.
L'Europe, qui marche à béquilles, Riche goutteuse , ne croit pas A la vertu sous des guenilles.
Hâtons-nous; l'honneur est là-bas.
Hùtous-nous ! mais je ne puis rien.
0 Roi des cieuxl entends ma plainte; Père de la liberté sainte , De ce peuple unique soutien, Fais de moi sou ange gardien.
Dieu, donne à ma voix la trompette Qui doit réveiller du trépas, Pour qu'au monde entier je répète :
Hàtcz-vous ; l'honneur est là-bas.
•Jo6
CHANSONS DE BERANGER