‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 238 sur 340 · JEAN DE PARIS · texte numérisé non relu

JEAN DE PARIS

Air : r.ctic rliaumièrc-li vaut un palais.

Ris et chante , chante et ris ; Prends tes gants et cours h; monde ; Mais, la bourse vide ou ronde, Reviens dans ton Paris ; Ah I reviens, ahl reviens, Jean de Paris. [Dis.

Toujours, dit la chronique ancienne, Jean sur son grand sabre a sauté, Quand de leur ville avec la sienne Des sots comparaient la beauté :

Proclamant sur son âme ,

En prose ainsi qu'en vers ,

Les tours de Notre-Dame

Centre de l'univers.

Ris et chante , chante et ris ; Prends tes gants et cours le monde ; Mais, la bourse vide ou ronde, Reviens dans ton Paris; Ahl reviens, ah! reviens, Jean de Paris.

S'il franchit la grande muraille; S'il cocufie un mandarin ; Du peuple magot s'il se raille ; .\ Paris s'il revient grand Iraiii ;

L'espoir qui le domine,

C'est, chez son vieux porlier.

De parler de la Chine

Aux badauds du quartier.

Ris et chante, cliante et ris;

Prends tes gants et cours le momie ; Mais, la bourse vide ou ronde, Reviens dans ton Paris ; Ahl reviens, ahl reviens, Jean de Paris.

Je veux de l'or, beaucoup et vite, Dit-il, au Pérou débarquant.

A s'y fixer cliacun l'invite :

Me prend-on pour un tran(juant ?

Loin de mes dix maîtresses.

Fi de ce vil métal 1

Je préfère aux richesses

Paris et l'hôpital.

Ris et chante, chante et ris; Prends tes gants et cours le monde ; Mais, la bourse vide ou ronde , Reviens dans ton Paris ; Ah! reviens, ahl reviens, Jean de Paris.

A la guerre gaiement il vole,

Pour la croix ou pour Saladin ;

Se bat, jure, pille et viole.

Puis à Paris écrit soudain :

« Que ma gloire s'étende « Du Louvre aux boulevards ; I Qu'un ramoneur y vende « Mon buste pour six liards. »

Ris et cliante, chunto et ris; Prends tes gants et cours le monde ;

Mais, la bourse vide ou ronde, Reviens dans ton Paris; Ah! reviens, ah! reviens, Jean de Paris.

En Perse, il prétend qu'une reine Lui dit un soir : Je te fais roi.

Soit! répond-il; mais, pour ma peine.

Jusqu'au pont Neuf viens avec moi.

Pendant huit jours de fête,

Tout Paris me verra

Montrer, couronne en tète,

Mon nez à l'Opéra.

Ris et chante , chante et ris ; Prends tes g'ants et cours le monde Mais, la bourse vide ou ronde.

Reviens dans ton Paris;

CHANSONS DE BERANGER

Ah! reviens, ah! reviens, Jean de Paris.

Jean de Paris, dans ta chronique

C'est nous qu'on peint, nous francs badauds

Quittons-nous cette ville unique.

Nous voyageons Paris à dos.

Quel amour incroyable,

Maintenant et jadis.

Pour ces murs dont le diable

A fait son paradis !

Ris et chante, chante et ris; Prends tes gants et conrs le monde ; Mais, la bourse vide ou ronde, Reviens dans ton Paris ; Ah! reviens, ah I reviens, Jean de Paris.

Page 1