‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 256 sur 340 · LE DELUGE · texte numérisé non relu

LE DELUGE

Am lies Trois couieiirs

Toujuurs prophète, eu iiioa saiut miuistére, Sur l'aveuir j'ose iuterroger Dieu.

Pour châtier les princes de la terre, Daus l'aucieu moude uu déluge aura lieu. Déjà, près d'eux, l'Océan sur ses grèves Mugit , se gonfle : il vient , maîtres , voyez ! Voyez, leur dis-je. Ils répondent : Tu rêves. Ces pauvres rois, (bis) ils seront tous noyés.

Accourez tous I crie uu sultan d'Asie : Femmes, vizirs ; eunuques, icoglaus.

Je veux, des flots domptant la frénésie, Faire une digue avec vos corps sanglants. Dans son sérail tout parfumé de fêtes, D'où vont s'enfuir ses gardes effrayés, Il fume, il bâille, il fait voler des têtes. Ces pauvres rois, ils seront tous noyés.

Uue vous out fiiit, mon Dieu, ces bous monarques? 11 eu est tant dout on bénit les lois! De jougs trop lourds si nous portons les marques. C'est qu'on oubli le peuple a mis ses droit^^. Pourtant les Ilots précipitent leur marche Contre ces chefs jadis si bien choyés.

Faute d'esprit pour se construire une arche . Ces pauvres rois, ils seront tous noyés.

Dans notre Europe, où naît ce grand déluge, Unis en vain pour se prêter secours, Tous out crié : Dieu, soyez notre juge! Dieu leur répond : Nagez, nagez toujours. Daus l'Océan ces augustes personnes Vont s'engloutir; leurs trônes sont broyés; Un bat monnaie avec l'or des couronnes. Ces pauvres rois, ils seront tous noyés.

yui parle aux Ilots? LU despote d' Afrique, Noir fils de Cham , qui régne les pieds nus. Soumis, dit-il, à mon fétiche antique, Flots qui grondez, doublez mes revenus.

Et ce bon roi , prélevant un gros lucre Sur les forbans à la traite employés, Vend ses sujets pour nous faire du sucre. Ces pauvres rois , ils seront tous noyés.

Cet Océan, quel est-il, o prophète?

Peuples, c'est nous, affranchis de la faim. Nous, plus instruits, consommant la défaite De tant de rois inutiles enfin.

Dieu fait passer sur ces fils indociles Nos flots mouvants si longtemps fourvoyés. Puis le ciel brille et les flots sont tranquilles. Ces pauvres rois, ils seront tous noyés.

FIN DES CHANSONS ANCIENNES

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