‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 263 sur 340 · DE PROFUNDIS · texte numérisé non relu

DE PROFUNDIS

MON AiNNlVEHSAlUK A FONT AINEULE A l'

Air (les Amazones.

« Quitter Paris, quitter le iiiondi',

» C'est mourir » , ni'a-t-on dit cent l'ois.

Or, dans ma retraite profonde ,

Je suis mort, du moins je le crois. [Bis.]

D'un trépassé prenant le caractère,

Je tiens mon gîte aux indiscrets muré.

Me voilà donc comme à cent pieds sous terre. )

Bh.

De profundis ! car je suis enterré. )

Les morts ne se dérangent gucrcs;

Venez donc sans deuil ni souci,

Narguant les larmoyeurs vulgaires,

Boire au défunt qui git ici.

Plus ne m'arrive un soupir de colombe ; Plus un seul vers par Lisette inspire.

L'amitié seule a des fleurs pour ma tumlic. De profundis! car je suis enterré.

Je vis eu mort tranquille et sage Dans ce coin qui me va si bien ; Espérant, moi qui sais l'usage, Que l'oubli sera mon gardien.

Mais que de moi l'amitié se souvienne

Pour chaque nœud qu'avec vous j'ai serré.

A mon tombeau que souvent elle vienne.

De profundis ! car je suis enterré.

Pourtant, lorsqu'ici je m'enterre,

Ne me croyez pas devenu

Fou misanthrope ou sage austère.

Contre son siècle prévenu.

Avec le temps si mon esprit plus sombre Voyait en noir, sous un ciel azuré , Soyez, amis, indulgents pour mou ombre.

De profundis! car je suis enterré.

Je conçois qu'on s'immortalise;

Pourtant cela devient banal ;

Et lettre d'ami, quoi qu'on dise,

Vaut mieux qu'article de jduruai.

f>aissons la gloire apposer son paraplii' Sur maint brevet par des sots délivré ; Mes vieux amis, laites mon epilaplic De profundis ! car je suis enterré.

De profundis ! criait Lazare , Rêveur dans la tombe endormi , Lorsque armé d'un pouvoir trop rare, Jésus réveilla son ami.

Au bout de l'an oii tous je vous convie Pour un service à bas bruit célébré, Comme à Lazare, ah! rendez-moi la vie.

De profundis! car je suis enterré.

CHANSONS DE BERANGER

Air :

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