‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 265 sur 340 · L'OFFICIER · texte numérisé non relu

L'OFFICIER

Am >lc h Pipe <>e laluc.

— Voilà les hussanls; vicus, Kosctle; Devant la porte ils vont passer.

Ma sœur, viens; j'entends la trompette; Tiens! tiens! les voia-tu s'avancer?

ConibitMi (.le brillants jeunes lionunes! Qu'ils laissent d'amours à Paris !

Nous, paysannes que nous sommes, N'aurons point de si beaux maris I

CHANSONS DE BERANGER

Devant Rose, brune élancée, Un jeune officier passe alors :

— Amis , voilà ma fiancée ; Comptez, dit-il, tous ses trésors :

Œil vif, teint rosé, fine taille.

Oui, dans un an, à pareil jour, Je l'épouse, si la mitraille Permet de vivre à mon amour.

Ces mots d'un fou, dits au passage, Tu les entends, car tu rougis.

Rose, et, sans rien voir davantage, Tu rentres rêveuse au logis.

Depuis, Rose à part soi répète Ces mots qui lui semblent si doux ; Et, chaque soir, sur sa couchette, Pour l'officier prie à genoux.

Un an de rêves ainsi passe.

Le jour qu'il fixa brille enfin.

L'aube entrevoit Rose qui lace Pour lui son corset le plus fin.

N'entend-on pas quelque bruit d'armes?

Elle écoute, sort, rentre, sort ; Attend, attend, et, toute en larmes, A minuit s'écrie : — Il est mort 1

CHANSONS DE DERANGER

Page 1