‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 266 sur 340 · LES OISEAUX DE LA GRENADIÈRE · texte numérisé non relu

LES OISEAUX DE LA GRENADIÈRE

Am :

Comme en ses vœux l'homme s'abuso !

Le ciel permet qu'en ce réduit, Disais-je d'une voix qui s'use, Mes derniers jours coulent sans liruit.

Et de ces murs le sort m'exile.

Adieu , fleuve , arbustes et fleurs ; Vous, de mes fruits joyeux voleurs.

Oiseaux qui charmez cet asile. Oiseaux, adieu. Peuple heureux et cliéri, En vous créant l'Éternel a souri.

.J'entends un oiseau me répondre :

«r Ami, pourquoi t'affliger tant?

« Sur nous l'orage vient-il fondre, « Un abri partout nous attend.

« Quand l'hiver, qui tout décolore, «■ Dépouille jardins et forets, t II reste cncor quelques cyprès « D'où nos voix réveillent l'aurore. »

Oiseaux, adieu. Peuple heureux et chéri. En vous créant l'Eternel a souri.

ï La pauvreté, sombre nuage, « Bientôt, dis-tu, fondra sur toi.

a Jeune, tu bravais son passage;

Dh.

c Au soleil n'as-tu donc plus foi?

" Crois-nous, quelques routes nouvelles « Que ton vol prenne en son essor, « Si le nuage crève encor, « Un rayon séchera tes ailes. »

Oiseaux, adieu. Peuple heureux et cliéri, En vous créant l'Éternel a souri.

' Tu nous as chanté, sous ces treilles, « L'aigle expirant, captif des mers.

« Apprends d'infortunes pareilles « A subir de communs revers.

« Va gaiement où le sort te pousse, « A la ville ou dans \m chalet.

« Pour ton nid , pauvre roitelet , « Que te faut-il ? Un peu de mousse. » Oiseaux, adieu. Peuple heureux et clu-ri. En vous créant l'Éternel a souri.

" La fin de tout, nul ne l'ignore.

" D'avance tu sauras quitter 1 Ces rosiers qui sont près d'éclore, 1 Ces arbres qu'on t'a vu planter. <t Lorsqu'à partir tu te disposes, « Un corbeau te crie h l'écart :

(') La Grpiiadif'ro, pptilo lialiilalion sur los bords ilo la I,nirp, vis-i-vis do Tours, dOrritc avec l".idmiral)l(" Lilont qu'on lui (•omiiiit par M. do Halzac, qui y avait demciui; quelque temps avant moi. Le propriétaire de cette agréable maisonnette, l'excellent M. do Longpré , i qui il n'a pas tenu que j'y prolongeasse mou séjour, a respecté les plantations qu'il m'avait permis d'y faire.

CHANSONS DE DERANGER

« Pour parer les tombeaux, viefllard, o Dieu partout a semé les roses. »

Oiseaux, adieu. Peuple heunnix et rluTi, En vous rréant l'Éternel a souri.

Oiseaux , merci ! Rome fut sage

De vous consulter autrefois ;

Je vais au plus prochain rivage (')

Vivre en un coin sous d'humbles toits.

Ici, vous qui du vieil ermite Picoriez en paix les raisins.

S'il a des arbres pour voisins, Venez charmer son nouveau gito.

Oiseaux, adieu. Peuple heureux et chéri, En vous créant l'Éternel a souri.

(') niii» Clianvini^an , ;"i Toui";. (Nate île l'Eililein ]

CHANSONS DE DERANGER

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