I.E BON FRANI^VIS
l'.lIANSllN niWTUF, nr.VANT DES M 11 K. S I) K i; V M 1' P K I. I'. M I' F lU: l' H M.KXANDKK
Air : .I'oik un (■iiré p;i(iit'to.
J'niiiio qii'mi Riis^o ?oit Kiisso, Kl iiu'iiii An^liiis suit Aniil.iis.
Si rmi i>sl, Prii>siiMi l'ii rTiisso.
l'ii r'^rnnn^ i^oynn? Francni?.
I,(irsi[iri( i nn< cuMirs l'-niU!; ('iiin|it('iit (li'> FimuimIs (lo plus
(') Il est iK'oessalri' ili' riiiipclcr c|iic' M. Ir i'(iiiili> d'Arlni-; av;iit dit : " Il n'y a rien de cliauïr pu Franco; il n'y a qu'un Fraiirni'4 dn p.lu'î. >i
Mes amis, mes amis, Soyons de notre pays, Oui, soyons de notre pays.
CHANSONS DE BERANGER
Oui , soyons de notre pays.
Charles-(anint portait envie A ce roi plein de valenr (') Qui s'écriait à Pavie :
Tout est perdu, fors l'honneur!
Consolons par ce mot-là Ceux que le nombre accalda.
Mes amis, mes amis, Soyons de notre pays , Oui, soyons de notre pays.
Louis, dit-on, l'ut sensible (-) Aux malheurs de ces guerriers Dont l'hiver le plus terrible A seul flétri les lauriers.
Près des lis qu'ils soutiendront.
Ces lauriers reverdiront.
Mes amis , mes amis , Soyons de notre pays, 0\ii. soyons de notre pays.
Enchaine par la souffrance, Un roi fatal aux Anglais (') A jadis sauvé la P'rance Sans sortir de son palais.
On sait, quand il le faudra.
Sur qui Jjuiis s'appuiera I*).
Mes amis , mes amis , Sovons de notre pays,
Redoutons l'anglomanie ; Elle a déjà gâté tout.
N'allons point en Germanie Chercher les règles du goût.
N'empruntons à nos voisins Que leurs femmes et leur? vins.
Mes amis, mes amis, Soyons de notre pays , (')ni, soyons de notre pays.
Notre gloire est sans seconde ;
Français, où sont nos rivaux?
Nos plaisirs charment le monde,
Éclairé par nos travaux.
Qu'il nous vienne un gai refrain,
Et voilà le monde en train!
- Mes amis, mes amis.
Soyons de notre pays , Oui, soyons de notre pays.
En servant notre patrie, Où se fixent pour toujours Les plaisirs et l'industrie, Les beaux-arts et les amours, Aimons, Louis le permet.
Tout ce qu'Henri Quatre aimait.
Mes amis, mes amis.
Soyons de notre pays , Oui. fovdus de notre pays.
(') François I>''.
(=) Les journaux du temps racoiUcrout qu.', sur une iHtrc du i-oi, l'cmporcur Al.'\andro rivait promis de renvoyer en Ki-Rnce tous les prisonniers faits sur nous dans la ninllieunnisf ranipa^uo de Russie. i;'! Clmrles V, dit le Sage, l'i 1.0 roi avait dit, ft Saint-Oui-u, au\ maréeliaux Mass,'na, Mnriier, I,i-r.'vro, Ney. etr., qu'il s'appuierait sur eux.
CHANSONS DE BEKANGEK
LA GlIANDE UKGIE
Alli : Vive le vin de Raniponncau!
Le vin chfiniie tuus les esprits :
Qu'on le donne Par tonne.
Que le vin pleuve dans Paris, Pour voir les gens les plus aigris Gris.
Le vin cliarine tous les esprits :
Qu'on le donne Par tonne.
Que le vin plquve dans Paris, Pour voir les gens les plus aigris Gris.
Non, plus d'accès Aux procès ; Vidons, joyeux Français, Nos caves renoninices.
Qu'un censeur vain Croie en vain Fuir le pouvoir du vin , Et s'enivre aux fumées.
Loin du fracas Des combats, Dans nos vins délicats Mars a noyé ses foudres.
Gardiens de nos Arsenaux , Cédez-nous les tonneaux Où vous mettiez vos poudres.
Le vin charme tous les esprits :
Qu'on le donne Par tonne.
Que le vin pleuve dans i'aris.
Pour voir les gens les plus aigris Gris.
Le vin cliaruie tous les esprits :
Qu'on le donne Par tonne.
Que le vin pleuve dans Paris, Pour voir les gens les plus aigris Gris.
Graves auteurs, Froids rhéteurs, Tristes prédicateurs, Endonneurs d'auditoires ; Gens à pamphlets , A couplets, Changez en gobelets Vos larges écritoires.
Nous (jui courons Les tendrons, De Cythcre enivrons Les colombes légères.
Oiseaux chéris De Cypris, Venez, maigre nos cris.
Boire au fond de nos verres.
CHANSONS DE BERANGER
Le vin charme tous les esprits :
Qu'on le donne Par tonne.
Que le vin pleuve dans Pans, Pour voir les gêna les plus aigris Gris.
L'or a cent lois Trop de poids.
Un essaim de grivois, Buvant a leurs niiguonues, Trouve au total Ce cristal Préférable au métal Bout on l'ait les couronne?.
Le vin charme tous les esprits :
Qu'on le donne Par tonne.
Que le vin pleuve dans Pans, Pour voir les gens les plus aigris Gris.
Enfants charmants De mamans Qui des grands sentiments Banniront la folie , Nos fils, bien gros.
Bien dispos, Naîtront parmi les pots, Le front taché de lie.
Le via rli.iniie tous les c?prits :
Qu'on le cldinie l'.ir louiie.
Que le vin pleuve dans Paris, Pour voir les gens les plus aigris Gris.
Fi d'un honneur Suborneur!
Enfin du vrai bonheur Nous porterons les signes.
Les rois boiront Tous en rond ; Les lauriers serviront D'échalas à nos vignes.
Le via clianao tous les esprits :
Qu'un le donne Par toiiur.
Que le via pleuve dans Paris, Pour voir les gens les plus aigris Gris.
Raison, adieu !
Qu'en ce lieu.
Succombant sous le dieu Objet de nos louanges, Bien ou mal mis, Tous amis , Dans l'ivresse endormis.
Nous rêvions les vendanges !
Le vin charme tous les esprits :
Qu'on le donne Par tonne.
IJue le via pleuve dans Paris, Pour viiir les gens les plus aigris Ciris.
CHANSONS DE DERANGER
LK .IULK DES MOKTS
Aili : MalilDJi.
(Lus iluiix piciiàws vers ûv l'air Mnit doulilOs.)
Amis, ciiteiidoz les cloches (^•ui, iiar leurs sous gémissants, Ncius 1(1111 (le luii\iuils reproches Sur nos rires iiuh'eeuls.
11 est des àiiics en peine, l>it le prcHrc intéresse :
C'est le jour (les Morts, mirliton, mirlilinne; Hi'iiiiiesiniil in /k/cc .'
CHANSONS DE BRKANGER
Qu'en ce jour la poésie Sème les tûinbeaux de fleurs; Qu'à nos yeux l'hypocrisie Les arrose de ses pleurs.
Je chante au sort qui m'entraiuc Sur les traces du passé :
("est le jour des Morts, mirliton, mirlitainu; ReqniescanI in pace !
Le souvenir de nos pères Nous doit-il mettre eu souci?
Ils ont ri de leurs misères :
Des nôtres rions aussi.
Lise n'est point inhumaine, Mon flacon n'est point cassé.
C'est le jour des Morts, mirliton, niirlitaine; Bequiescant in pace !
Méchants, redoutez les diables; Mais qu'il soit un paradis Pour les filles charitables, Pour les buveurs francs amis ; Que saint Pierre aux gens sans haine Ouvre d'un air empressé.
C'est le jour des Morts, mirliton, mirlitaine; Requiescanl in pace!
•Je ne veux point qu'on me pleure, Moi, le boute-en- train des fous.
Puissé-je, à ma dernière heure.
Voir nos fils plus gais que nous î Qu'ils chantent à perdre haleine , Sur lé bord du grand fossé :
C'est le jour des Morts, mirliton, mirlitaine ; Requiescant in pace !
CHANSONS DE BERANGER