‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 300 sur 340 · A M. DE LAMENNAIS · texte numérisé non relu

A M. DE LAMENNAIS

Air :

Paul, où vas-tu? — Je vais sauver le monde. Dieu nous donne une loi d'amour.

— Apùtre , la sueur t'inonde ;

En festins ici passe un jour, — Non, non ; je vais sauver le monde. Diini nous donne une loi d'amour.

CHANSONS DE BERANaER

Paul où vas-tu? — Je vais prêcher aux hommes Paul, où vas-tu? — Je vais de plage en plage

Paix, justice et fraternité. ' Raffermir mes amis tremblants.

Pour en jouir, reste où nous sommes, — Quoi ! les maux, la fatigue et l'âge

Entre l'étude et la beauté. N'ont point dompté tes cheveux blancs?

Non, non; je vais prêcher aux hommes — Non, non ; je vais de plage en plage

Paix, justice et fraternité. Raffermir mes amis tremblants.

Paul, où vas-tu? — Je vais à l'âme humaine Du ciel enseigner le chemin.

— Aux cieux? La gloire seule y mène.

Chante, elle te tendra la main.

Non, non ; je vais à l'âme humaine

Du ciel enseigner le chemin.

Paul, où vas-tu? — Je vais braver nos maîtres. Fardeau des peuples gémissants.

— Tremble ! ils te livreront aux prêtres En échange d'un peu d'encens.

— Non, non; je vais braver nos maîtres. Fardeau des peuples gémissants.

Paul où vas-tu? — Je vais rendre aux campagnes Paul, où vas-tu? — Je vais prêcher mon culte

Le Dieu qui bénit les guérets.

— Crains le brigand dans les montagnes ; Crains le tigre dans les forêts.

— Non, non; je vais rendre aux campagnes Le Dieu qui bénit les guérets.

Devant le juge et ses licteurs.

— A nos lois déguise l'insulte ; Recours à l'art des orateurs.

— Non, non ; je vais prêcher mon culte Devant le juge et ses licteurs.

Paul, où vas-tu? — Je vais au sein des villes De tout vice purger les cœurs.

— Crains l'orgueil des passions viles ; Crains le rire aux éclats moqueurs.

— Non, non; je vais au sein des villes De tout vice purger les cœurs.

Paul, où vas-tu? — Je vais porter ma tête Sur l'échafaud où Dieu m'attend.

— Dis un mot, et ta grâce est prête ; D'honneurs on te comble à l'instant.

— Non, non; je vais porter ma tête Sur l'échafaud où Dieu m'attend.

Paul, où vas-tu? — Je vais, séchant des larmes, Dire au pauvre : Dieu seul est grand!

— Crains le riche si tu l'alarmés ; Crains le pauvre s'il te comprend.

— Non, non; je vais, séchant des larmes, Dire au pauvre : Dieu seul est grand!

Paul, où vas-tu? — Je vais avec les anges Reposer au sein de mon Dieu.

— Par ton exemple tu nous changes.

Nous prierons sur ta tombe. Adieu I

— Oui , nui ; je vais avec les anges Reposer au sein de mon Dieu.

CHANSONS DE DÉRANGER

LES VOYAGES

Air:

" Viens, m'ont dit vingt chars rapides;

i Le feu nous pousse à travers

<i Dois épais, cités splendides,

<t Monts et prés, champs et déserts.

« Faisant honte aux hirondelles ,

CI Tu croiras, sur nos essieux,

a Que la terre a pris des ailes

o: Pour passer devant tes yeux. »

K Des astres je sais la route, « Viens, dit un aérostat; <i Monte à la céleste voûte i Pour en juger mieux l'éclat ; «< Sur maint prohlème à résoudre, I Dans mon vol audacieux, i Viens au-dessus de la foudre o: Sonder l'abime des deux. "

K Viens, me crie un beau navire, I Voir l'homme en tous les climats, ■i Voir en germe quelque empire, <• Des ruines voir l'amas, d Par un caprice de l'onde , <t Tu peux, voguant avec moi, « Ajouter un nouveau monde c A ceux dont le nùlrc est roi. »

Partez tous. Ici je reste.

Heureux d'un monde borne, D'oiseaux, de fleurs, monde agreste, D'ombrages environné.

Quand la nuit étend son voile Et qu'au ruisseau transparent Vient se mirer une étoile, Ohl que l'univers est grand!

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