‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 301 sur 340 · LES VIOLETTES · texte numérisé non relu

LES VIOLETTES

Air :

Hélas ! violettes charmantes ,

Vous vous hâtez trop de fleurir.

Au soleil ces neiges fumantes,

Le verglas peut les recouvrir ;

Mars nous garde encor des tourmentes.

Naissez-vous aussi pour souffrir?

Bis.

— Douces fleurs, quelle est cette fille?

— Une orpheline qui nourrit Ceux qui se sont faits sa famille, Vend des fleurs quand le ciel sourit , Lasse la quenouille et l'aiguille.

Ou glane aux champs que Dieu mûrit.

— Bénis le ciel qui nous ordonne D'éclore en dépit des glaçons.

La pauvre Laure, enfant si bonne, Ta nous chercher dans ces buissons :

A souhait pour qu'elle y moissonne.

En grelottant nous fleurissons.

Ce matin , dès la pâle aurore , Un ange a passé par ici.

n a dit : Enrichissez Laure ; Le pain manque, et Laure en souci Ta venir ; hâtez-vous d'éclore.

L'ange a dit vrai , car la voici.

CHANSONS DE BERANGER

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