‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 325 sur 340 · LE CORPS ET L'AME · texte numérisé non relu

LE CORPS ET L'AME

AiB :

Un vieillard mourait, et son ùme Partait pour retourner aux cieux.

Le corps la retient et réclame Un instant de derniers adieux.

Sur sa paille, il s'écrie : Arrête I Songe qu'à toi Dieu m'a donné.

Pourquoi fuir comme une loretto Fuit l'amant qu'elle a ruiné?

Morts embaumés dans votre bii'Te, A vous clergé, croix et bannièri'. f Pauvre corps sans linceul , l

Va-t'en seul ! '

— Quoil dit l'âme, abjecte dépouille, Tu veux retarder m'on départ I Habit dont le contact me souille, Au néant va rendre sa part.

Dieu me rappelle à sa lumicro :

Déjà s'endorment tes douleurs.

Qu'importe après que ta poussière Féconde épis, arbres ou fleurs I Morts embaumés dans votre bière, A vous clergé, croix et bannière.

Pauvre corps sans linceul , Va-t'en bcuI 1

— Ingrate ! Je suis loin de croire Qu'à toi mes sens aient tout appris.

Mais de mes soins garde mémoire :

Ti^ datent do nos premiers cris.

Bh.

Quand rien, regard, geste, parole, Au berceau ne te révélait, Qui se fit ton maître d'école ?

Mon instinct, ton frère de lait.

Morts embaumés dans votre bière , A vous clergé, croix et bannière.

Pauvre corps sans linceul , Va-t'en seul !

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