LE CORPS ET L'AME
AiB :
Un vieillard mourait, et son ùme Partait pour retourner aux cieux.
Le corps la retient et réclame Un instant de derniers adieux.
Sur sa paille, il s'écrie : Arrête I Songe qu'à toi Dieu m'a donné.
Pourquoi fuir comme une loretto Fuit l'amant qu'elle a ruiné?
Morts embaumés dans votre bii'Te, A vous clergé, croix et bannièri'. f Pauvre corps sans linceul , l
Va-t'en seul ! '
— Quoil dit l'âme, abjecte dépouille, Tu veux retarder m'on départ I Habit dont le contact me souille, Au néant va rendre sa part.
Dieu me rappelle à sa lumicro :
Déjà s'endorment tes douleurs.
Qu'importe après que ta poussière Féconde épis, arbres ou fleurs I Morts embaumés dans votre bière, A vous clergé, croix et bannière.
Pauvre corps sans linceul , Va-t'en bcuI 1
— Ingrate ! Je suis loin de croire Qu'à toi mes sens aient tout appris.
Mais de mes soins garde mémoire :
Ti^ datent do nos premiers cris.
Bh.
Quand rien, regard, geste, parole, Au berceau ne te révélait, Qui se fit ton maître d'école ?
Mon instinct, ton frère de lait.
Morts embaumés dans votre bière , A vous clergé, croix et bannière.
Pauvre corps sans linceul , Va-t'en seul !