‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 51 sur 340 · LES MARIONNETTES · texte numérisé non relu

LES MARIONNETTES

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Les marionnettes, croyez-moi, Sont les jeux de tout âge :

Depuis l'artisan jusqu'au roi, De la ville au village;

Valets, journalistes, flatteurs.

Dévotes et coquettes, Ali! sans compter nos grands acteurs,

Combien de marionnettes!

L'homme, fier de marcher debout,

Vaute son équilibre :

Parce qu'il court et va partout ,

Le pantin se croit libre.

Mais dans combien de mauvais pas

Sa fortune le jette!

Ah! du destin l'homme ici-bas

N'est que la marionnette.

Voyez ce mari parisien

Que maint galant visite ; Il vous accueille mal ou bien ,

Vous cherche ou vous évite.

Est-il confiant ou jaloux,

A l'air dont il vous traite?

Non : de sa femme un tel époux

N'est que la marionnette.

Ce tendron des plus innocents.

Que le désir dévore , Au trouble secret de ses sens,

Ne conçoit rien encore.

Veiller la nuit, rêver le jour.

L'étonné et l'inquiète.

Elle a quinze ans: ah! pour l'amour

La bonne marionnette !

Près des femmes que sommes-nous?

Des pantins qu'on ballotte.

Messieurs, sautez, faites les fous

Au gré de leur marotte !

Le plus lourd et le plus subtil

Font la danse complète ; Et Dieu pourtant n'a mis qu'un fil

A chaque marionnette.

CHANSONS DE BERANGER

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