‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 54 sur 340 · JEANNETTE · texte numérisé non relu

JEANNETTE

Fi lies riMiuiMtrs iiiaiii(''r(''cs!

Fi des bégueules du grand luii !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeaunctou.

Jeune, gentille et bien laite,

Elle est IVaiclie et rondelette; Sou ii'il noir est pétillant.

Prudes, vous dites sans cesse Qu'elle a le sein trop saillant :

C'est pour ma main qui le presse Un défaut bien attrayant.

CHANSONS DE BERANGER

Fi des coquettes maniérées I Fi des bégueules du grand ton!

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette , ma Jeanneton.

Tout son charme est dans la grâce ;

Jamais rien ne l'embarrasse;

Elle est bonne et toujours rit.

Elle dit mainte sottise ,

A parler jamais n'apprit;

Et cependant, quoi qu'on dise,

Ma Jeannette a de l'esprit.

Fi des coquettes maniérées I Fi des bégueules du grand ton!

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

A table dans une fête, Cette espiègle me tient tète Pour les propos libertins.

Elle a la voix juste et pure, Sait les plus joyeux refrains; Quand je l'en prie, elle jure; Elle boit de tous les vins.

Fi des coquettes maniérées I Fi des bégueules du grand tun !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeauueton.

Belle d'amour et de joie, Jamais d'une riche soie Son corsage n'est paré.

Sous une toile proprette Son triomphe est assuré ; Et, sans nuire y sa toilette, Je la chiffonne à mon gré.

Fi des coquettes maniérées!

Fi des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, ma Jeanneton.

La nuit tout me favorise;

Point de voile qui me nuise.

Point d'inutiles soupirs.

Des deux mains et de la bouche

Elle attise les désirs,

Et rompit vingt fois sa couche

Dans l'ardeur de nos plaisirs.

Fi des coquettes maniérées!

Fi des bégueules du grand ton !

Je préfère à ces mijaurées Ma Jeannette, nui Jeanneton.

CHANSONS DE BERANGER

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