‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 53 sur 340 · A ANTOINE ARNAULT · texte numérisé non relu

A ANTOINE ARNAULT

MEMBRE DE Ll.NMlTLT, LE J 0 U II DE SA FETE

Ain lin balU't .Us l'u'nats.

Je viens d' Muntiuartrc avec ma bètc Piiur f(''tei' ce iiiaitre malin.

Et n' crains point (ju'au milieu d' la fête Un bon mot m' renvoie au moulin.

On dit qu'avec plus d'un génie Antoin' prend plaisir à cela. Nous qui n' somm's pas d' l'Académie, Souliaituns-lui d' ces p'tits plaisirs-là.

II n' s'en tient pas à des saillies; Dans plus d'un genre il est heureux.

J' sais mèm' i[u'il lait des tragédies Quand il n'est pas trop paresseux ("^). De la Merpomène idolâtre, Qu'il fass' mourir par-ci par-là.

Nous qui n' somm's pas d'z héros d' théâtre , Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.

On m'assur' qu'il vient d' faire un livre Où c' qu'y a du liun : je 1' crois bien. C docteur-là nous enseigne à vivre Par la lioucli' d'un arbre ou d'un chien.

A messieurs les Polichinelles ('J Il ilil ; ^'ous en voulez, en v'Ià.

Nous (jui n' tenons pas les ficelles.

Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.

A la cour il s' moqu'rait, je 1' gage, INIém' de messieurs les chambellans.

De c' pays n'ayant point 1' langage, Il vaut' la paix aux conquérants.

A d" grands seigneurs qui n' sont pas minces Sans r.imper toujours il parla.

Nous qu'on n'a pas encor faits princes. Souhaitons-lui d' ces p'tits plaisirs-là.

Mais, quoi(]u' malin, z'il est bon homme; D'niandez à sa fille, à ses fils.

Ah! qu'il soit toujours aimé comme Il aime ses nombreux amis!

<,Uie r secret tV son bonheur suprême Reste à c'te gross' maman que v'ià.

Nous qui sommes d' ceux qu'Antoine aime, Souhaitons-lui d' ces vrais plaisirs-là.

C) On trouvera pout-ùtrc que cette cluinsou, comme beaucoup d'autres des luieniics, était peu digne de voir le jour. Eu effet, je ne la livre à l'iaipression que parce qu'elle m'offre l'occasion de payer un tribut d'éloges ;\ l'un de nos littérateurs les plus distingués. Je regrette qu'elle ne soit pas meilleure, et surtout que le ton qui y règne ne m'ait pas permis d'y faire entrer l'expresbion de ma recoimaissance particulière pour l'homme excellent dont l'amitié me fut si longtemps utile et me sera toujours précieuse. (1815.)

Quand je fis cette courte note, Arnault était en exil.

Cj Je cruis utile de rappeler ici les succès dramatiques de l'auteur de Marius, dos Vciiiliein, etc.

C) Policliinclle est le héros d'une des plus jolies fables du recueil de M. Arnault , recueil apprécié par tous les gens de goûl, et dont la réputation ne peut aller qu'en augmentant.

CHANSONS DE DERANGER

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