‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 75 sur 340 · LES CHAMPS · texte numérisé non relu

LES CHAMPS

AlH : M'iii alnuur Oliiit ["tili' Marii».

Rose, partons, voici l'aurore :

Quitte ces oreillers si doux.

Entends-tu la cloche sonore Marquer l'heure du rendez-vous?

Cherchons, loin du hruit de la ville.

Pour le lionliour un sûr asile.

Viens aux champs couler d'heureux jours; Les champs ont aussi leurs amours.

Viens aux ciianips fouler la verdure.

Donne le bras à ton amant; Kaiiiirochnns-nous de la nature

Pour nous aimer plus teudroinonf.

Des oiseaux la troupe éveilli'c

Nous appelle sous la feuillée.

Viens aux champ? couler d'heureux jours;

Lns champs ont aussi leurs amours.

Nous prendrons les goùfs du village :

Le jour naissant t'éveillera;

Le jour mourant sous le feuillage

A notre couche nous rendra.

Puisses-tu , maîtresse adorée ,

Te plaindre encor de sa durée !

Viens aux champs rouler d'heureux jours;

Les champs ont aussi leurs aujours.

Quand l'cti' vers un sol fertile Conduit des moissonneurs uomhreux; Quand, près d'eux, la glaneuse agile Cherche l'épi du malheureux; Combien , sur les gerbes nouvelles , De baisers pris aux pastourelles!

A'iens aux champs couler d'heureux jours; Les champs ont aussi leurs amours.

Quand des corbeilles de raulnume

S'épanche à Ilots un doux nectar,

Près de la cuve qui bouillonne

On voit s'égayer le vieillard ;

Et cet oracle du village

Chante les amours d'un autre âge.

Viens aux champs couler d'heureux jours;

Les champs ont aussi leurs amours.

Allons visiter des rivages

Que tu croiras des bords lointains.

Je verrai, sous d'épais ombrages,

Tes pas devenir incertains.

Le désir cherche un lit de mousse;

Le monde est loin, l'herbe est si douce!

Viens aux champs couler d'heureux jours;

Les champs ont aussi leurs amours!

C'en est fait; adieu, vains spectacles!

Adieu, Paris, où je me plus,

Où les beaux-arts font des miracles,

Où la tendresse n'en fait plus!

Rose, dérobons à l'envie

Le doux secret de notre vie.

Viens aux champs couler d'heureux jotirs;

Les champs ont aussi leurs amours.

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