‹ Chansons de P.J. de Béranger, anciennes et posthumes.-Chapitre 88 sur 340 · LA PETITE FEE · texte numérisé non relu

LA PETITE FEE

AtB : C'est lu niL'illL'iii boiuinr du moii-U'.

Enfants, il i''tuit une fois Une fée appelée Urgaude; Grande à peine de (juatre doigts, Mais de bonté vraiment bien grande.

De sa baguette un ou deux coups Donnaieut félicité parfaite.

Ah! bonne fée, euseignez-nou= Où vous cachez votre baguette!

Les juges, sous ce roi puissant, Étaient l'organe de la fée; Et par eux jamais l'innocent Ne voyait sa plainte étouffée.

Jamais pour l'erreur à genoux La clémence n'était muette.

Ah! bonne fée, euseiguez-nous Où vous cachez votre baguette!

Dans uue couque de saphir.

De huit papillons attelée, Elle passait comme un zéphyr.

Et la terre était consolée.

Les raisins mûrissaient plus doux; Chaque moisson était complète.

Ah ! bonne fée , enseignez-nous Où vous cachez votre baguette!

Pour que son filleul fût béni, Elle avait touché sa couronne; Il voyait tout son peuple uni.

Prêt à mourir pour sa personne.

S'il venait des voisins jaloux, Ou les forçait à la retraite.

Ah ! bonne fée , enseignez-nous Où vous cachez votre baguette!

C'était la marraine d'un roi

Dont elle créait les ministres;

Braves gens, soumis à la loi,

Qui laissaient voir dans leurs registres.

Du bercail ils chassaient les loups

Sans abuser de la houlette.

Ah ! bonne fée , enseignez-nous

Où vous cachez votre baguette!

Dans un beau palais de cristal , Hélas! Urgande est retirée.

En Amérique tout va mal ; Au plus fort l'Asie est livrée.

Nous éprouvons un sort plus doux; Mais pourtant, si bien qu'on nous traite, Ah! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette!

niANSON?! DE RERANaRR

Page 1