‹ Chansons de P.J. de Béranger (volume 2)Chapitre 72 sur 95 · LES CONSOLATIONS · texte numérisé non relu

LES CONSOLATIONS

Air : Il était une fillette qui n'avait pas plus de quinze ans.

Martoii, puisque ta maîtresse M'abandonne à ma douleur,

Sur le lit de la traîtresse

Prends pitié de mon malheur.

Va bien, va bien, ma petite, Console-moi vite.

Sophie, en ce moment fatal.

Comble les vœux de mon rival.

Ah ] Marton, malgré tes appas, Non, non, je n'y survivrai pas I

Ce lit même oiije te presse

Est témoin que l'autre jour.

D'une éternelle tendresse

Elle assurait mon amour.

Va bien, va bien, ma petite, Console-moi vite, Un autre lit dans ce moment L'entend faire un pareil serment.

Ah ! Marton, malgré tes appas, Non, non, je n'y survivrai pas!

Marton, pardonne à mes larmes, Hélas ! ton sein trop charmant Me rappelle tous les charmes De l'objet de mon tourment.

Va bien, va bien, ma petite, Console-moi vite.

Ta maîtresse à l'amant qui l'a, En montre deux comme ceux-là.

Ah! Marton, malgré tes appas.

Non, non, je n'y survivrai pas !

Lorsque tu te mets en nage

Pour effacer tant d'attraits,

Ton adroit libertinage

Semble augmenter mes regrets.

Va bien, va bien, ma petite.

Console-moi vite.

Aujourd'hui, Sophie est, crois-moi.

Non moins indécente que toi.

Ah! Marton, malgré tes appas.

Non, non, je n'y survivrai pas!

Combien dans ces lacs perfides J'ai fait d'efforts imprudens !

L'amour et les cantharides M'ont cent fois mis sur les dents.

Va bien, va bien, ma petite.

Console-moi vite.

De peur qu'on la laisse en chemin A cette heure, elle y met la main .

Ah ! Marton, malgré tes appas, Non, non, je n'y survivrai pas i

Contre le mal qui m'oppresse Que tes efforts sont puissans !

Il se calme et ma tristesse Tire à sa fin, je le sens.

Va bien, va bien, ma petite, Console-moi vite.

Mais à ton tour tu sens combien Mon cœur s'épanche dans le tien !

Âh ! Marton^ grâce à tes appas.

Je crois que je n'en mourrai pas !

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