‹ Chansons de P.J. de Béranger (volume 2)Chapitre 75 sur 95 · MADAME BARBE-BLEU, OU L'OGRESSE · texte numérisé non relu

MADAME BARBE-BLEU, OU L'OGRESSE

Air : Voilà la petite laitière.

Je suis, morbleu, Madame Barbe-Bleu, Tête bleu ! corbleu ! ventre-bleu.

Tubleu! damoiseaux étourdis.

Redoutez-moi : je suis Ogresse.

Des Ogresses du temps jadis J'ai l'appétit et la tendresse.

Jurant, sacrant comme un démon.

A ma barbe je dois mon nom.

Je suis, morbleu.

Madame Barbe-Bleu, Tète bleu ! corbleu ! ventre-bleu.

Pour bien juger de quels morceaux Il faut que ma faim se repaisse, Galant, qui crains les longs assauts.

Contemple cette barbe épaisse !

Sans trembler l'on ne peut la voir ; Elle défirait le rasoir.

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Je suis, morbleu, Madame Barbe-Bleu, Tête-bleu ! corbleu ! ventre-bleu l

Voulant vous détruire en un jour, Petits blondins, faibles espèces, Que Vénus batte le tambour Et lève un régiment d'Ogresses; Pour vous faire de belles peurs, Je commanderai les sapeurs.

Je suis, morbleu, Madame Barbe-Bleu, Téte-bleu! corbleu I ventre-bleu.

Malgré mes appétits gloutons.

Jamais de jour qu'il ne me vienne Des barbes de tous les cantons Pour se mesurer à la mienne.

Barbe de prêtre, de Bobin, Barbe de Turc et de Babin.

Je suis, morbleu.

Madame Barbe-Bleu, Tête bleu ! corbleu ! ventre-bleu !

Mais, quoi qu'on fasse, je pâtis.

Et tout m'est bon lorsque je souffre.

Deux mille amans, grands et petits.

N'ont encor pu combler ce gouffre.

Bien d'autres, non moins échauffés, De ma barbe mourront coiffés.

Je suis, morbleu, Madame Barbe-Bleu, Tête-bleu! corbleu! ventre-bleu!

J'avalerais sans les mâcher.

En un jour, deux abbés, trois carmes.

Les six gros garçons du boucher, Huit porte-faix et dix gendarmes ; Quand tout un bataillon viendrait.

Par ma barbe, il y passerait.

Je suis, morbleu.

Madame Barbe-Bleu, Tête-bleu! corbleu! ventre-bleu/

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