CHANTÉE AU MARIAGE DE MON AMI B. WILHEM
Air : Eh ! le cœur à la danse.
Du célibat fidèle appui,
Je vois avec colère L'Amour essuyer aujourd'hui
Les larmes de son frère.
Grâces, talens et vertus Ont droit à mille tributs.
Mais un célibataire Ne peut chanter des nœuds si doux :
On n'aura rien à faire
Chez de pareils époux.
Monsieur prend femme, c'est fort bien;
Il la prend jeune et belle; Mais, comptant ses amis pour rien,
Monsieur la prend fidèle.
Il faudra, dans cinquante ans , Célébrer leurs feux constans.
Non, tout célibataire Ne peut chanter des nœuds si doux :
On n'aura rien à faire
Chez de pareils époux.
Morbleu ! qui n'aurait de l'humeur,
En pensant que madame De monsieur fera le bonheur,
Bien qu'elle soit sa femme ?
Jours de paix et nuits d'amour ; Le diable y perdra son tour.
Non , tout célibataire Ne peut chanter des nœuds si doux
On n'aura rien à faire
Chez de pareils époux.
Encor si l'Amour avait pris
Une dîme en cachette !
Mais le plus heureux des maris ,
En quittant sa couchette , Demain se pavanera Et les mains se frottera...
Non, tout célibataire Ne peut chanter des nœuds si doux :
On n'aura rien à faire
Chez de pareils époux.