‹ Chansons de P.J. de BérangerChapitre 45 sur 145 · CHANTÉE AU MARIAGE DE MON AMI B. WILHEM · texte numérisé non relu

CHANTÉE AU MARIAGE DE MON AMI B. WILHEM

Air : Eh ! le cœur à la danse.

Du célibat fidèle appui,

Je vois avec colère L'Amour essuyer aujourd'hui

Les larmes de son frère.

Grâces, talens et vertus Ont droit à mille tributs.

Mais un célibataire Ne peut chanter des nœuds si doux :

On n'aura rien à faire

Chez de pareils époux.

Monsieur prend femme, c'est fort bien;

Il la prend jeune et belle; Mais, comptant ses amis pour rien,

Monsieur la prend fidèle.

Il faudra, dans cinquante ans , Célébrer leurs feux constans.

Non, tout célibataire Ne peut chanter des nœuds si doux :

On n'aura rien à faire

Chez de pareils époux.

Morbleu ! qui n'aurait de l'humeur,

En pensant que madame De monsieur fera le bonheur,

Bien qu'elle soit sa femme ?

Jours de paix et nuits d'amour ; Le diable y perdra son tour.

Non , tout célibataire Ne peut chanter des nœuds si doux

On n'aura rien à faire

Chez de pareils époux.

Encor si l'Amour avait pris

Une dîme en cachette !

Mais le plus heureux des maris ,

En quittant sa couchette , Demain se pavanera Et les mains se frottera...

Non, tout célibataire Ne peut chanter des nœuds si doux :

On n'aura rien à faire

Chez de pareils époux.

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