‹ Chansons de P.J. de BérangerChapitre 66 sur 145 · A MON MÉDECIN , LE JOUR DE SA FETE · texte numérisé non relu

A MON MÉDECIN , LE JOUR DE SA FETE

Air : Ainsi jadis un grand prophète.

Saluons de maintes rasades Ce docteur à qui je dois tant.

Mais pour visiter ses malades , Je crains qu'il n'échappe à l'instant.

A ces soins son art le condamne, S'il vient un message ennemi.

Fiévreux , buvez votre tisane ; Laissez-nous fêter notre ami.

Oui, que ses malades attendent; Il est au sein de l'amitié.

Mais vingt jeunes fous le demandent D'un air qui pourtant fait pitié.

De Vénus amans trop crédules , Sur leur état qu'ils ont gémi!

Eh! messieurs, prenez des pilules; Laissez-nous fêter notre ami.

Quoi! ne peut-on venir au monde Sans l'enlever à ses enfans ?

Certaine personne un peu ronde Réclame ses secours savans.

J'entends ce tendron qui l'appelle :

Les parens même en ont frémi.

N'accouchez pas, mademoiselle, Laissez-nous fêter notre ami.

Qu'il coule gaîment son automne , Que son hiver soit encor loin !

Puisse-t-il des soins qu'ils nous donne N'éprouver jamais le besoin !

Puisqu 'enfin dans nos embrassades Il n'est point heureux à demi, Mourez sans lui , mourez , malades , Laissez-nous fêter notre ami.

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