‹ Chansons de P.J. de BérangerChapitre 9 sur 145 · LA GAUDRIOLE · texte numérisé non relu

LA GAUDRIOLE

Air : La bonne aventure.

Momus a pris pour adjoints

Des limeurs d'école :

Des chansons en quatre points

Le froid nous désole.

Mirliton s'en est allé.

Ah! la muse de Collé, C'est la gaudriole, O gué, C'est la gaudriole.

Moi, des sujets polissons

Le ton m'affriole.

Minerve dans mes chansons

Fait la cabriole.

De ma grand'mère , api^ès tout , Tartufes, je tiens le goût

De la gaudriole, O gué,

De la gaudriole.

Elle amusait à dix ans

Son maître d'école.

Des cordeliers gros plaisans

Elle fut l'idole.

Au prêtre qui l'exhortait , En mourant elle contait

Une gaudriole, 0 gué,

Une gaudriole.

C'était la régence alors ;

Et, sans hyperbole, Grâce aux plus drôles de corps,

La France était folle.

Tous les hommes plaisantaient, Et les femmes se prêtaient

A la gaudriole, O gué,

A la gaudriole.

On ne rit guère aujourd'hui.

Est- on moins frivole?

Trop de gloire nous a nui ;

Le plaisir s'envole.

Mais au Français attristé Qui peut rendre la gaîté ?

C'est la gaudriole, O gué,

C'est la gaudriole.

Prudes , qui ne criez plus

Lorsqu'on vous viole, Pourquoi prendre un air confus

A chaque parole ?

Passez les mots aux rieurs :

Les plus gros sont les meilleurs

Pour la gaudriole, O gué,

Pour la gaudriole.

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Jv>'r ,!

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